xAI a cramé 6,4 milliards en 2025 et SpaceX veut mettre le paquet avec Grok à des trillions de paramètres

Les pertes d’OpenAI et Anthropic paraissent impressionnantes, mais ce n’est rien à côté de la tronche du compte de résultat de xAI. Les chiffres sont tombés via le dossier IPO de SpaceX : depuis février, xAI et X ont été fusionnés dans la boîte d’Elon, direction le public. Et c’est pas joli joli.

Des pertes qui doublent, des revenus qui stagnent: le grand écart

En 2025, xAI a perdu 6,4 milliards de dollars sur des revenus de 3,2 milliards. En 2024, c’était 1,56 milliard de pertes pour 2,62 milliards de revenus. Autrement dit : plus ils gagnent, plus ils perdent. Le trou se creuse à vitesse grand V, et pendant ce temps, Anthropic, qui est à la fois concurrent et client (ils utilisent Colossus pour l’entraînement), s’attend à un bond de 130% de ses revenus au Q2 2026 et à son premier bénéfice opérationnel. Ça pique.

Les sous viennent des « solutions et infrastructure IA » qui ont rapporté 465 millions, dont 365 millions d’abonnements X et Grok, 88 millions de licences de données. La pub a craché 116 millions. Le tout sur une base cumulée X + Grok de 550 millions d’utilisateurs actifs mensuels, dont seulement 117 millions utilisent effectivement Grok. Soit un cinquième des utilisateurs. Pas de quoi pavoiser.

La machine à billets de l’infrastructure

Mais Elon ne ralentit pas, au contraire. Les dépenses d’investissement (capex) de la division IA sont passées de 12,7 milliards en 2025 à 7,7 milliards sur le seul premier trimestre 2026. En rythme annualisé, on frôle les 31 milliards, soit un doublement par rapport à 2025. Tout ça pour alimenter Colossus et Colossus II, deux data centers sortis de terre en 122 et 91 jours, qui représentent environ 1 gigawatt de puissance de calcul. Le dossier IPO promet que la prochaine version de Grok atteindra « plusieurs trillions de paramètres », soit un bond en avant dans le raisonnement et l’intelligence générale. Ce genre d’ambition, ça coûte un bras.

SpaceX mise sur la verticalisation : posséder ses propres data centers, ses propres puces, tout le stack. La promesse : « entraîner et itérer des modèles frontière à moindre coût et plus vite ». Mais ce moindre coût, on en voit surtout la facture pour l’instant. Et puis il y a le plan orbite : Elon tease des data centers dans l’espace, soi-disant moins chers. Le dossier IPO donne un calendrier : premier déploiement de satellites de calcul orbital « dès 2028 ». On croise les doigts pour que l’apesanteur fasse baisser les coûts, parce qu’à ce rythme, le trou financier pourrait bien devenir un trou noir.

Notre avis : la machine à cash tourne à vide, mais l’ambition ne faiblit pas

Musk joue le long terme, comme d’hab. Mais quand tu perds deux fois ce que tu gagnes et que tes rivaux commencent à devenir rentables, il faut que la promesse du trilliard de paramètres se concrétise vite. Heureusement, l’IPO de SpaceX à 1 750 milliards de valorisation potentielle devrait calmer les ardeurs des investisseurs à court terme. Le dossier IPO affirme que « le futur de l’IA sera déterminé par le contrôle de la pile physique ». En attendant, la pile comptable, elle, penche sérieusement dans le rouge.


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