Les data centers ont soif. Tellement soif que la grogne monte un peu partout, des petits villages de l’Oregon aux banlieues australiennes. Google, qui en construit à tour de bras, a décidé de sortir le chéquier vert pour calmer le jeu.
Dans un billet de blog publié ce mercredi, la firme de Mountain View aligne cinq « engagements » autour de l’eau. Le plus frappant : un objectif de « replenish more water » — en gros, remettre plus d’eau dans la nature qu’ils n’en siphonnent. Louable. Mais c’est comme promettre de planter un arbre à chaque fois que tu brûles une forêt : ça sonne bien, mais le timing laisse perplexe.
Pendant ce temps, de l’autre côté du globe, des chercheurs australiens publient une analyse dans The Conversation qui tombe comme un cheveu sur la soupe : « Arrêtez de paniquer pour l’eau des data centers — c’est l’énergie qui devrait nous inquiéter. » Leur argument ? On manque cruellement de données pour savoir combien d’eau et d’électricité ces monstres bouffent vraiment. Étude après étude, on découvre que les chiffres avancés par les GAFAM sont souvent… optimistes. Pas forcément faux, mais calculés avec des angles bien choisis.
Le vrai dilemme, c’est que l’eau et l’énergie sont liées. Un data center qui utilise des tours de refroidissement évapore de l’eau, certes. Mais un data center qui refroidit à l’air consomme plus d’électricité — souvent tirée de centrales qui, elles aussi, bouffent de l’eau. Tu vois le serpent qui se mord la queue ?
Google a beau jeu de promettre monts et merveilles, mais si le réseau électrique local est alimenté au charbon ou au gaz, le gain écologique est pour le moins discutable. « L’énergie d’abord », martèlent les chercheurs. Et ils ont raison. Mais on parle rarement d’énergie dans les communiqués rutilants — trop technique, pas assez marketable.
Alors oui, Google fait un geste. C’est mieux que rien. Mais rappelons-nous que le meilleur data center est celui qu’on ne construit pas. Et que chaque heure passée à discuter de « replenishment » est une heure de moins passée à réfléchir à comment faire tourner nos IA avec moins de ressources.
La prochaine fois qu’un grand patron tech brandit son bilan écologique, demande-lui combien de watts par token, pas combien de litres promis. Il n’aura pas la réponse non plus.
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