Tu te souviens de l’article de la semaine dernière sur la justice augmentée en Angleterre ? Eh ben, on dirait que certains ont pris l’augmentation un peu trop au pied de la lettre.
Un officier de la police de Derbyshire vient de se faire retirer de ses fonctions et fait l’objet d’une enquête criminelle pour avoir utilisé l’IA afin de « créer du matériel probant dans plusieurs affaires ». Accusation supplémentaire : subornation de témoins, ou plus exactement, perversion du cours de la justice. C’est la première fois qu’un tel cas est signalé au Royaume-Uni.
L’officier, dont le nom n’a pas été dévoilé (normal, on est en pleine enquête), est soupçonné d’avoir utilisé un outil d’IA générative pour fabriquer des preuves. On ne sait pas encore quel outil ni comment, mais l’affaire est prise très au sérieux par la hiérarchie.
Perversion du cours de la justice, ça c’est du lourd
La perversion du cours de la justice est une infraction grave en droit britannique, passible de prison. Et l’utilisation de l’IA pour fabriquer des preuves tombe en plein dedans. Le problème, c’est que c’est diablement difficile à détecter si l’officier est un minimum soigneux.
Le précédent qui fâche
Ce cas rappelle étrangement celui de l’officier de police de Nouvelle-Galles du Sud qui, en 2024, avait été suspendu pour avoir utilisé une IA pour rédiger des rapports. Mais là, on est passé à un cran supérieur : la création délibérée de fausses preuves.
Ce que ça signifie pour la justice
Si l’enquête confirme les faits, c’est tout le système judiciaire qui va devoir se poser des questions. Comment garantir l’authenticité des preuves à l’ère de l’IA générative ? Les tribunaux britanniques commençaient tout juste à expérimenter des assistants juridiques IA, et voilà qu’un flic transforme l’outil en machine à fabriquer du faux.
La réaction des autorités
Derbyshire Police a rapidement réagi en retirant l’officier de ses fonctions et en ouvrant une enquête interne. Mais le mal est fait : la confiance dans les preuves numériques est ébranlée. Attends-toi à ce que les avocats de la défense se mettent à demander systématiquement des audits des fichiers produits par l’IA.
Conclusion : l’IA, une arme à double tranchant
On le répète assez sur ce blog : l’IA est un outil, pas un remplaçant. Mais quand les outils tombent entre de mauvaises mains, ça fait des dégâts. Espérons que cette affaire serve de leçon et accélère la mise en place de garde-fous solides. En attendant, si t’es flic et que tu comptais sur Midjourney pour garnir ton rapport, reconsidère ton plan de carrière.
Sources :
Comments are closed