6 milliards pour Decart, Anthropic veut s’offrir le monde en direct

Décidément, Anthropic n’a pas l’intention de laisser OpenAI tranquillement s’installer sur toutes les unes. On vous parlait la semaine dernière de ses envies de puces et de son cloud sorti de nulle part, voilà que la boîte de Dario Amodei serait en négociations avancées pour avaler Decart, selon Bloomberg. Le prix : 6 milliards. Pas vraiment de l’argent de poche.

Pour ceux qui glandaient au fond de la classe, Decart, c’est la startup israélienne qui a fait tourner la tête des gamers avec Oasis, un modèle de monde capable de générer un jeu interactif en temps réel, sans moteur physique classique. Du jamais-vu pour les non-initiés, un fantasme pour les chercheurs. Derrière, il y a une équipe qui a décidé que l’IA ne devait pas se contenter de prédire le prochain token, mais qu’elle pouvait aussi prédire la frame d’après. En clair, simuler le monde, littéralement.

Alors oui, 6 milliards pour une équipe encore jeune, c’est le genre de prix qui n’était réservé qu’aux plus grosses licornes du marché. Mais Anthropic ne joue plus à la roulette des petits. L’acquisition de Decart ne dit pas seulement que l’entreprise veut des modèles de monde sous le capot de Claude. Elle signale surtout qu’Anthropic veut contrôler toute la chaîne, des puces (qu’elle veut fabriquer ou au moins piloter) jusqu’aux infrastructures, en passant par la recherche pure. Manger des startups comme Decart, c’est s’assurer que les techniques les plus folles ne tombent pas entre les mains des concurrents. Comme quand on achète le dernier astronaute pour être sûr de ne pas le voir atterrir dans le jardin d’en face.

Reste à voir si ce mariage donnera vraiment naissance à une IA qui comprend le monde, ou si le monde de l’IA s’apercevra que derrière le battage, Decart avait surtout un joli paquet de dettes techniques à amortir. On pardonne beaucoup à ceux qui ont du génie, mais le marché, lui, n’oublie pas les notes de frais. Espérons juste que l’addition de 6 milliards ne soit pas un simple post-it collé sur un mur de data center. Comme disait un vieux sage de la Silicon Valley, « on ne construit pas une église avec des briques trouvées sur Craigslist » (ou quelque chose comme ça).


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