Jeff Bezos est décidément en chasse. Après avoir lâché un demi-milliard de dollars dans Perplexity l’an dernier, le voilà qui pioche dans les effectifs de ses rivaux pour monter son propre projet IA. Kyle Kosic, cofondateur de xAI (la boîte d’Elon Musk) et ancien d’OpenAI, vient de rejoindre Project Prometheus, la startup secrète de Bezos qui bosse sur des systèmes capables de « comprendre le monde physique ». L’info est sortie ce matin dans le Financial Times, reprise par The Decoder.
Prometheus, c’est le nom de code qui fait rêver les fanas de mythologie et les investisseurs en quête de la prochaine licorne. Comprendre le monde physique ? Traduction : des IA qui ne se contentent pas de générer du texte ou des images, mais qui interagissent avec l’environnement réel. Pensez robots, voitures autonomes, ou peut-être juste un assistant qui sait enfin où tu as foutu tes clés. Sur le papier, c’est ambitieux. Dans les faits, on en sait à peu près autant que sur le prochain film de Christopher Nolan – c’est-à-dire rien.
Kosic, lui, a un CV qui sent la poudre. Cofondateur de xAI, la boîte d’Elon Musk qui a sorti Grok (et ses déboires bien documentés). Puis passé par OpenAI, la maison-mère de ChatGPT, où il a dû se frotter aux mêmes tensions internes que tout le monde. Passer de Musk à Altman, puis sauter dans les bras de Bezos, c’est un peu le tour des géants tech en trois étapes. Soit le gars a une tolérance au bullshit exceptionnelle, soit il sait quelque chose qu’on ignore.
Ce qui est marrant, c’est de voir Bezos recruter chez ses concurrents directs. Musk et Altman ne sont pas exactement ses potes de poker. Après avoir investi dans Perplexity pour taper sur Google, voilà qu’il tape sur xAI et OpenAI en leur piquant leurs cerveaux. La stratégie est claire : plutôt que de tout construire from scratch, il rafle les talents là où ils sont déjà formés (et peut-être un peu frustrés). Moins cher qu’une acquisition, plus rapide qu’une formation interne. Malin.
Mais Prometheus reste un mystère. Pas de site web, pas de communiqué, pas de démo. Juste un nom évocateur et quelques rumeurs. Bezos a les moyens de financer un projet pharaonique, mais est-ce que c’est vraiment une bonne idée ? Comprendre le monde physique, c’est le Saint Graal de l’IA depuis des décennies. DeepMind a galéré avec AlphaFold, Tesla avec la conduite autonome. Même Google, avec ses ressources infinies, a du mal à faire un assistant qui ne se plante pas sur un rendez-vous.
Alors, Prometheus : révolution ou feu de paille ? Trop tôt pour le dire. Mais un recrutement comme Kosic, ça envoie un signal. Bezos ne veut pas être en reste dans la course à l’IA. Il mise sur la discrétion et l’agressivité commerciale. Reste à voir si ça suffira à rattraper l’avance des autres. En attendant, les fans de drama tech peuvent se réjouir : la guerre des talents vient de prendre un nouvel épisode.
Et Kosic dans tout ça ? Il a peut-être trouvé le seul endroit où il n’aura pas à supporter les tweets de Musk à 3h du mat’ ou les sermons d’Altman sur la fin du monde. Chez Bezos, c’est simple : tu livres, ou tu dégages. Pas de philosophie, pas de safety-washing. Juste des résultats. Ça pourrait lui plaire.
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