T’as cru que l’IA allait tous nous remplacer ? IBM, avec ses 240 milliards de valorisation, vient de te répondre : « En fait non, on a encore besoin de petits bras. » La boîte annonce tripler ses embauches juniors aux États-Unis cette année. Nickle LaMoreaux, la DRH en chef, a balancé ça au Leading with AI Summit – un nom qui pète, pour un constat assez pathétique.
Les communiqués de presse te vendent ça comme une « réinvention des métiers d’entrée de gamme ». En vrai, c’est juste qu’IBM s’est rendu compte que remplacer un humain par un bot, c’est moins facile que dans les slides PowerPoint. Les tâches basiques qu’ils voulaient automatiser ? Trop bordéliques, trop contextuelles, ou simplement trop mal fichues pour être confiées à une IA qui hallucine à la moindre requête un peu tordue.
Alors ils recrutent. Mais attention, pas n’importe comment. Les jobs sont « rewrités », comme ils disent. Traduction : au lieu de faire de la saisie de données ou du tri de mails (qu’une IA pourrait théoriquement faire, si elle était pas aussi nulle), les juniors vont devoir superviser les IA, vérifier leurs outputs, et nettoyer les conneries qu’elles génèrent. Ironie suprême : l’IA a pas remplacé les humains, elle a juste créé une nouvelle catégorie de boulot sous-payé : gardien de zoo algorithmique.
C’est l’aveu le plus cinglant de l’année sur l’état réel de l’adoption IA en entreprise. Pendant que Sam Altman promet la singularité pour 2027 et que Musk tweete sur la colonisation de Mars, les géants historiques du tech, ceux qui ont des clients réels et des processus à gérer, en sont encore à embaucher des stagiaires pour faire le boulot que leurs modèles promettaient d’automatiser.
IBM n’est pas le seul dans ce cas, mais c’est le seul à en faire une annonce tonitruante. Les autres font ça en silence, en priant que personne ne remarque que leur « transformation digitale » ressemble surtout à un patch humain sur un système foireux. LaMoreaux parle de « limites de l’adoption IA ». Moi j’appelle ça du bon sens : quand ton outil est capricieux, cher à déployer, et nécessite une surveillance constante, peut-être que l’humain, finalement, c’est pas si mal.
Le secteur adore les grands récits – l’IA va tout bouleverser, les jobs vont disparaître, préparez-vous. Sauf que sur le terrain, c’est souvent l’inverse : l’IA crée de la complexité, de la supervision, et donc… des emplois. Des emplois de merde, certes, mais des emplois quand même. IBM l’a compris à ses dépens, et maintenant ils essaient de vendre ça comme une stratégie visionnaire. C’est pas visionnaire, c’est un retour à la réalité.
Quand tu liras un article sur « l’IA qui vole nos jobs », pense à IBM. Pense à ces milliers de juniors qu’ils vont embaucher pour faire le boulot que leurs IA sont censées maîtriser. Et ris un bon coup. Parce que si même un mastodonte de 240 milliards en est réduit à ça, c’est que la révolution, elle est pas pour tout de suite.
Sources :
Comments are closed