C’est une semaine qui sent bon le carbonate de lithium et les term sheets. Deux levées de fonds, deux Series B, 75 millions de dollars en l’espace de 48 heures. De quoi faire saliver n’importe quel VC qui traîne sur X. Mais derrière les communiqués de presse, c’est bien le marché de l’agent IA qui se structure, à coups de millions et de promesses.
Bunch : le VC qui se fait de l’IA pour ses copains
Bunch a levé 35 millions de dollars. À quoi ça sert ? À construire une plateforme qui aide les fonds de venture capital à repérer les pépites via l’IA. En clair : un algorithme qui scrute les pitch decks, analyse les fondateurs sur LinkedIn, et sort des scores de probabilité de succès. Le genre d’outil que les VC adorent parce que ça leur donne l’illusion de remplacer les coups de fil interminables par un tableau de bord.
Bunch va clairement capitaliser sur l’engouement pour les agents spécialisés. Leur argument : « On ne remplace pas les partenaires de VC, on leur donne un assistant qui déchiffre les signaux faibles. » Mouais. Dans la vraie vie, ça veut surtout dire que les décisions d’investissement vont s’appuyer sur des boîtes noires. Mais tant que le graphe de la relation fondateur-investisseur reste cliquable, personne ne pose de questions.
Dust : l’agent de prod pour les entreprises qui en ont marre des prompts
Pendant ce temps, Dust, la startup française (parce qu’il faut bien un peu de french tech dans le lot), lève 40 millions de dollars menés par Sequoia Capital. Le pitch de Dust : des agents IA qui automatisent des workflows complexes dans les entreprises. En pratique : au lieu de demander à ChatGPT de rédiger un email et de faire le copier-coller toi-même, Dust enchaîne les tâches tout seul. Tu dis « envoie un récap à l’équipe et planifie une réunion » et le bot exécute.
Là où c’est intéressant, c’est que Dust ne vend pas un LLM lambda. Il construit une couche d’orchestration entre plusieurs modèles (OpenAI, Claude, open source) et les connecte aux outils internes (Slack, Notion, CRM). Du coup, l’agent peut lire un message sur Slack, consulter une base de connaissance, générer un document, et le poster sur un drive. Le tout sans demander à un humain de valider chaque étape.
Le vrai signal
Ces deux levées disent une chose : le marché de l’agent IA se segmente. Il y a d’abord les outils verticaux pour des métiers précis (VC, support client, dev). Puis les plateformes d’orchestration qui branchent l’IA sur le système nerveux de l’entreprise.
Mais avant de crier au génie, personne n’a encore trouvé le business model qui tue. Les entreprises sont frileuses à laisser des agents autonomes toucher à leurs bases de prod. Et les problèmes de sécurité, de fiabilité, de « context window » qui explose, sont loin d’être réglés.
Bref, Bunch et Dust ont le vent en poupe. Mais la vraie question, c’est pas combien elles lèvent. C’est si dans deux ans, on se souviendra encore d’elles autrement que comme d’un mème sur les valorisations en bulle.
Sources :
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