Goldman Sachs vient de faire ce que peu osent faire dans le secteur : mettre des chiffres sur le bullshit. Selon le chief economist de la banque, l’IA a boosté l’économie américaine en 2025 de… « basiquement zéro ». Oui, tu as bien lu. Zéro. Nada. Rien. Et ça, malgré les 200 milliards de dollars que les entreprises américaines ont déversés dans la hype cette année.
La raison est simple, et elle pique. Une grosse partie des dépenses en capital (cap-ex, pour les intimes) part dans l’achat de hardware — GPU, serveurs, infrastructure cloud. Problème : ce hardware, il est majoritairement importé. Ta facture Nvidia, c’est du made in Taïwan. Tes serveurs AWS, ils tournent sur des puces TSMC. Dans les calculs du PIB, ces importations viennent en déduction. Résultat ? Les dépenses se neutralisent. Tu injectes du cash, mais il fuit à l’étranger. La croissance domestique, elle, reste au point mort.
C’est le grand paradoxe de cette bulle. On nous vend l’IA comme le moteur de la prochaine révolution industrielle, mais pour l’instant, elle carbure aux importations. Les boîtes américaines se ruinent en GPU, enrichissent Nvidia et TSMC, et se retrouvent avec des modèles qui génèrent du texte parfois bancal et des images de mains à six doigts. Pendant ce temps, le PIB américain hausse à peine les épaules.
Goldman pointe aussi le « misreporting » — un joli mot pour dire que les médias et les gourous LinkedIn ont surfé sur la hype sans vérifier les bases. On a eu droit à des titres du genre « L’IA ajoute 1 000 milliards à l’économie », basés sur des projections farfelues et des modèles économiques aussi solides qu’un château de cartes sous LSD. La réalité, c’est que l’impact est négligeable. Pour l’instant.
Faut-il s’en inquiéter ? Pas vraiment. C’est typique des phases d’adoption précoce. L’électricité, internet — au début, les investissements sont lourds, les retours quasi invisibles. Le vrai test, ce sera dans 2-3 ans. Quand les entreprises auront fini d’entasser des GPU et commenceront à les utiliser pour autre chose que des chatbots qui hallucinent.
Mais ça rappelle une vérité basique : dépenser de l’argent n’est pas créer de la valeur. Et dans l’IA, on dépense beaucoup. Très, très beaucoup. Pour des résultats économiques qui se font prier. Les investisseurs vont peut-être commencer à poser des questions. Genre : « À quoi servent vos 10 milliards de levée si ça ne fait même pas bouger l’aiguille du PIB ? »
En attendant, les empereurs de l’IA continuent de se promener nus. Goldman vient de leur jeter un miroir. Et dans le reflet, on voit surtout du vent.
Tags : [« Goldman Sachs », « PIB », « économie », « hardware », « importations »]
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