Alors que la rumeur persistait que Copilot serait surtout un joli gadget qui prenait la poussière, Microsoft sort les chiffres et claque la porte. Mercredi, sur l’appel résultats du Q3 fiscal, Satya Nadella a lâché le morceau : M365 Copilot compte désormais 20 millions de sièges payants en entreprise, contre 15 millions en janvier. Le genre de progression qui fait taire les sceptiques, au moins pour un temps.
Ce qui fait vraiment saliver Nadella, c’est l’engagement. Les requêtes par utilisateur ont grimpé de 20% sur le trimestre. Et la métrique qui tue : « l’engagement hebdomadaire a atteint le même niveau qu’Outlook« . Traduction : les gens passent autant de temps à causer avec leur IA qu’à trier leurs spams. C’est le signe, selon lui, que l’usage devient « une habitude quotidienne ».
Bien sûr, tout ça cache une grosse anguille sous la roche. Le chiffre de 20 millions, c’est le nombre de sièges vendus, pas d’utilisateurs actifs. Combien de ces licences dorment dans les tiroirs ? Microsoft ne le dit pas. Mais Nadella insiste : « le succès de l’IA réside moins dans le nombre de sièges que dans les utilisateurs intensifs et l’usage intense ».
Et pour répondre à la peur que l’IA ne réduise le besoin de licences (moins d’employés = moins de logiciels vendus), Microsoft change son fusil d’épaule. Le modèle passe progressivement d’un « par-utilisateur » pur à un « par-utilisateur et par-usage ». GitHub Copilot a déjà basculé. Si demain votre boîte tourne avec 30% de têtes en moins mais que chaque assistant IA vous coûte à la tâche, le business model tient la route.
Pas de chiffres séparés pour l’IA dans Azure, pas de marge nette sur Copilot. Microsoft, comme Google, préfère noyer le poisson dans des résultats cloud globaux. Mais avec 190 milliards de Capex annoncés pour 2026, l’ardoise est salée. Reste à savoir qui paiera l’addition : les clients qui verront leurs productivités exploser, ou ceux qui se feront subtilement facturer à l’acte ?
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