Mira Murati ne perd pas de temps. À peine sortie de chez OpenAI, elle lance Thinking Machines Lab et s’offre un partenariat long terme avec NVIDIA. Objectif : au moins un gigawatt de systèmes Vera Rubin, la dernière génération de puces de Jensen. Déploiement prévu pour 2027, selon certaines sources, ou début 2026, selon d’autres. La dissonance sur les dates, déjà un classique dans le secteur.
Ce deal, c’est du gros. Un gigawatt, ça représente quoi ? En gros, assez d’énergie pour alimenter une ville moyenne, mais concentrée dans des serveurs qui font tourner des modèles d’IA frontaliers. Thinking Machines Lab promet de l’IA personnalisée à grande échelle, un vœu pieux que toutes les startups répètent comme un mantra. L’annonce, relayée par NVIDIA et des médias spécialisés, sent bon le communiqué corporate bien huilé : « partenariat stratégique », « infrastructure de calcul », « recherche avancée ». Les mots qui font rêver les investisseurs et frémir les compteurs électriques.
Mais y’a matière à creuser. Mira Murati, ex-Chef des Opérations chez OpenAI, connaît la musique. Elle a vu de l’intérieur la course effrénée au compute, les levées de fonds astronomiques, les promesses de révolution. Avec Thinking Machines Lab, elle reproduit le schéma : s’allier avec le roi du hardware, NVIDIA, pour se donner les moyens de ses ambitions. Smart move, ou refaire le même film avec un casting différent ?
NVIDIA, de son côté, continue sa stratégie de domination totale. Fournir les puces à tout le monde, d’OpenAI à Meta, en passant maintenant par cette nouvelle venue. Jensen Huang doit se frotter les mains : un client de plus, une facture de plus. Le Vera Rubin, présenté comme la prochaine révolution, sera testé en conditions réelles par Thinking Machines. Espérons qu’il tiendra mieux la route que certaines annonces précédentes de la firme au logo vert.
Ce partenariat soulève des questions plus larges. Où va l’argent ? Dans des fermes de serveurs qui consomment autant qu’un pays. Qui en bénéficie ? Les géants du silicium et une poignée de startups bien connectées. Et l’impact réel sur nos vies ? Pour l’instant, c’est surtout du bruit et des chiffres impressionnants. Thinking Machines Lab parle de « recherche frontalière » et d’« IA personnalisable ». Sur le papier, c’est sexy. En pratique, on attendra de voir les résultats concrets, pas juste les communiqués.
Murati rejoint le club des transfuges d’OpenAI qui montent leur boîte. Une tendance de fond : quitter le navire amiral pour piloter son propre bateau, avec les mêmes cartes maritimes. La différence, peut-être, sera dans l’exécution. Mais pour l’instant, c’est du déjà-vu : partenariat avec NVIDIA, levée de fonds à venir (à parier), et promesses de changer le monde. Le cycle est bien rodé.
Du coup, révolution ou répétition ? L’avenir nous le dira, mais en attendant, préparez-vous à entendre parler de Thinking Machines Lab. Et à voir votre facture d’électricité grimper, indirectement.
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