La friction entre les big tech et les politiques ne se limite pas aux États-Unis. Bienvenue à Londres, où Palantir vient de dégainer une action en justice contre le maire de la capitale britannique après que ce dernier a mis son veto à un deal juteux avec Scotland Yard.
Le deal capoté
Scotland Yard, alias la Metropolitan Police, voulait utiliser la technologie IA de Palantir pour accélérer les enquêtes criminelles et réduire les coûts. Un projet qui sentait bon l’efficacité budgétaire et la promesse de résoudre les cold cases à la vitesse de l’éclair. Sauf que le maire de Londres, Sadiq Khan, a dit niet. Résultat : Palantir perd un contrat potentiellement colossal, Scotland Yard se retrouve le bec dans l’eau, et le contribuable londonien peut s’attendre à des coupes budgétaires dans la police, comme le rapporte la BBC.
Palantir sort les griffes
Palantir ne rigole pas. L’entreprise a riposté en engageant une procédure judiciaire contre la décision du maire. L’argument juridique ? Probablement un mélange de contestation de la légalité du veto et de défense de ses intérêts commerciaux. Mais dans le fond, c’est une question de pouvoir : qui décide de l’utilisation de l’IA dans la sécurité publique ? Le maire élu, ou les algorithmes proposés par une société américaine controversée ?
Le contexte qui pue
Palantir n’est pas n’importe qui. Fondée par Peter Thiel, connu pour ses positions libertariennes et son soutien à Trump, la boîte traîne une réputation de surveillance de masse. Ses logiciels ont été utilisés par l’ICE américain pour traquer les migrants, et par les forces de l’ordre pour du profilage racial présumé. Alors oui, l’argument du maire peut se comprendre : pas envie de transform er Londres en laboratoire de flicage algorithmique sans débat démocratique.
Mais
En parallèle, Scotland Yard est dans la merde financièrement. Sans l’IA de Palantir, les enquêtes vont prendre plus de temps, coûter plus cher, et les coupes budgétaires annoncées risquent de réduire les effectifs. Le maire a-t-il pesé les conséquences ? A-t-il un plan B ? Ou a-t-il simplement cédé à la pression des associations de défense des libertés civiles ?
La question qui tue
Faut-il laisser les maires décider seuls de ce genre de choix technologiques ? Ou doit-on organiser un vrai débat public sur l’IA dans la police, avec des garde-fous, mais sans bloquer systématiquement l’innovation sous prétexte qu’elle fait peur ?
En attendant, Palantir attaque, et le tribunal va devoir trancher. Si le maire perd, ce sera un signal fort : les contrats tech ne se négocient pas seulement en conseil municipal, mais aussi devant les juges. Si le maire gagne, les entreprises tech sauront que les élus locaux ont le dernier mot. Dans les deux cas, c’est un précédent qui va faire jurisprudence bien au-delà de Londres.
Alors, t’es plutôt team « la police a besoin d’outils modernes » ou team « on ne vend pas notre vie privée à Palantir » ? Le débat est lancé.
Sources : BBC (Palantir’s legal action over mayor’s Met deal veto ; Police face cuts after mayor blocks AI tech deal)
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