xAI se paie un lanceur d’alerte : l’ingé qui osait sécuriser Grok se fait virer et attaque

Elon Musk aime jouer les Cassandre de l’IA existentielle, mais dans sa propre boîte, les lanceurs d’alerte ne font pas long feu. Devin Kim, ex-ingénieur chez xAI et désormais patron d’un think tank sur la sécurité IA, a déposé plainte mardi en Californie contre xAI et SpaceX. Son crime ? Avoir essayé de mettre des garde-fous à Grok, le chatbot que Musk présente comme plus libre et moins « woke » que les autres.

Kim affirme dans sa plainte que ses efforts pour implémenter des mécanismes de sécurité sur le chatbot – des trucs basiques, genre éviter que l’IA génère du contenu pédopornographique ou des conseils dangereux – lui ont valu d’être pris pour cible par la direction. Résultat : viré. Et pas à un moment anodin : quelques jours avant l’IPO historique de SpaceX, histoire de bien enterrer l’affaire sous le bruit médiatique.

Le timing est trop parfait pour être une coïncidence. On sait que Grok a déjà généré des contenus problématiques (l’affaire Asato, où des deepfakes de Grok ont causé des poursuites, en est un exemple). Mais chez xAI, la priorité, c’est apparemment de sortir un produit, pas de le sécuriser. Musk peut bien tweeter des alertes apocalyptiques sur les risques de l’IA, dans sa cour, ceux qui prennent ces risques au sérieux se font dégager.

Kim ne s’arrête pas là : il ajoute que la pression pour virer des garde-fous est venue directement du top management, obnubilé par la vitesse de déploiement plutôt que par la sécurité. Bref, le discours extérieur sur la sécurité IA, c’est du marketing. En interne, c’est « dégage de mon chemin, on a une IPO à faire ».

Ce n’est pas la première fois que xAI se retrouve dans ce genre de merdier. En février dernier, un rapport interne fuité montrait que des ingénieurs alertaient sur des risques liés à Grok, et que la direction les avait ignorés. Là, c’est la même rengaine, mais en justice.

Kim demande réparation, mais surtout, il espère que cette affaire va mettre en lumière la culture toxique de xAI en matière de sécurité. Musk, lui, a déjà traité l’affaire de « procès sans fondement » sur X (forcément). Mais l’ironie est trop belle : le mec qui vend du « sécurité d’abord » à l’extérieur se fait poursuivre par un ingé qui voulait justement sécuriser son produit.

En attendant, si tu bosses chez xAI et que tu veux signaler un bug critique, assure-toi d’avoir un bon avocat sous le coude.


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