Tu te souviens de ce pote un peu chiant qui répète toujours qu’il est « fiable et prévisible » ? Ben Singapour en a fait son argument de vente, et ça marche du tonnerre.
Les chiffres donnent le tournis : en mai, les exportations non pétrolières de la cité-État ont grimpé de 38,4% sur un an. Le plus gros bond en deux décennies. Et derrière ce chiffre, y a pas de miracle : c’est l’IA, et rien d’autre. Les exportations électroniques ont presque doublé (+94,8%), avec les circuits intégrés qui s’envolent de 80,9% et les disques durs de 227,8%. Les analystes d’eToro le disent cash : « un coup de massue concentré » venu des hyperscalers US (Microsoft, Google, Meta, Amazon) qui ont ensemble revu leurs capex 2026 à plus de 700 milliards de dollars. Oui, 700 milliards.
Mais le plus intéressant, c’est pas le volume. C’est qui installe ses petites affaires dans la cité-État. OpenAI a ouvert un labo d’IA appliquée (le premier hors des US) et promet 234 millions de dollars pour l’écosystème local. DeepMind s’est pointé aussi. Anthropic recrute des profils finance, produit, recherche. Côté chinois, Tencent, Alibaba et Manus AI plongent aussi dans le vivier singapourien. Singapour a réussi un coup de maître : se positionner comme « hub neutre » dans un monde où les blocs US et Chine se regardent en chiens de faïence.
« Nous sommes ennuyeux, prévisibles, fiables », balance le Premier ministre Lawrence Wong, l’air de dire « et vous, vous l’êtes ? ». Et ça marche. Les startups US comme Plaud (preneur de notes IA) ou Notion (plateforme productivité) y ouvrent des bureaux. Le CEO de Plaud, Nathan Xu, lâche la phrase qui tue : « Le gros problème, c’est d’embaucher des ingénieurs de ouf. Singapour a les meilleures universités du monde. » NUS est 8e mondiale, NTU 12e, pas mal pour une ville-État de 5,6 millions d’âmes.
Mais attention, le vernis craque un peu. Les salaires pour les PhD en IA grimpent jusqu’à 273 000 dollars, une douille qui risque de flinguer le marché local. Et pour les boîtes chinoises, Singapour n’est pas un choix, c’est une nécessité : comme le dit une source chez Bright Data, « certains chercheurs chinois ne peuvent pas quitter le pays sans en informer le gouvernement. Alors ouvrir un bureau à Singapour, c’est la seule façon de faire du business. »
Alors oui, Singapour a gagné la première manche. Mais à force de servir de pont entre deux mondes, gare à ne pas finir écrasé quand les tanks des deux camps se décident à traverser.
Et pendant ce temps, les exportations explosent. Mais comme le dit Selena Ling d’OCBC, c’est « sans précédent ». Et dans l’IA, tout ce qui monte trop vite finit souvent par redescendre encore plus vite. Croisons les doigts pour que Singapour reste aussi ennuyeuse qu’elle le promet.
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