Il y a des chiffres qui font plaisir, puis il y a la réalité. Les entreprises adorent annoncer des millions investis dans l’IA, des tokens consommés par milliards, des modèles déployés partout. Pendant ce temps, les équipes de dev livrent toujours au même rythme, les bugs pullulent, et les clients attendent. Le problème, ce n’est pas l’IA. C’est tout le reste.
Quotient, la boîte de Lizzie Matusov, a mis les pieds dans le plat. Dans une présentation reprise par InfoQ, la CEO dévoile son framework de maturité IA en cinq étapes. Son constat fait mal : la plupart des organisations sont coincées entre le stade « on met des tokens partout » et le stade « on mesure enfin des résultats ». La raison, c’est qu’on se focalise sur des métriques à la con, comme le volume de tokens, au lieu de regarder si le logiciel sort mieux et plus vite.
Perforce Software confirme le diagnostic. Son rapport 2026 sur le platform engineering vient de paraître, et le message est clair : la maturité de ta plateforme interne est le facteur numéro un pour savoir si l’IA va te rapporter de l’argent ou partir en fumée. Tu peux avoir le modèle le plus puissant du marché, si tes devs doivent se battre avec des scripts maison, des environnements incohérents et des API qui changent toutes les semaines, ton IA ne sert à rien d’autre qu’à générer des excuses.
On nous vend l’IA comme une baguette magique. La réalité, c’est que l’IA, c’est un moteur de Formule 1. Si ta voiture est une épave rouillée, tu vas juste aller plus vite dans le mur. Et c’est exactement ce qui se passe dans beaucoup d’entreprises. Elles dépensent des fortunes en outils d’IA, mais elles n’ont toujours pas de plateforme solide pour déployer, tester et opérer le logiciel. Résultat : des prototypes sympas en démo, des désastres en production.
Alors oui, tu peux continuer à briller en réunion avec tes graphiques de tokens en hausse. Mais si tu veux que l’IA change vraiment ta façon de livrer du logiciel, commence par regarder ta plateforme. Si elle est pourrie, ne va pas te plaindre que l’IA ne sert à rien.
Sources :
Comments are closed