Baltimore envoie Grok au tribunal pour ses images porno non consensuelles

Elon Musk a encore frappé. Cette fois, ce n’est pas une fusée qui explose ou une voiture qui rate un virage, c’est son chatbot Grok qui se retrouve au cœur d’un procès pour génération d’images pornographiques non consensuelles. La ville de Baltimore a déposé plainte mardi contre xAI, la boîte d’IA du milliardaire, l’accusant de commercialiser Grok comme un assistant généraliste tout en cachant soigneusement ses travers les plus sordides. L’affaire pourrait faire jurisprudence sur la responsabilité des géants de l’IA quand leurs joujoux déraillent.

Le dossier est simple : Grok, présenté comme l’alternative décomplexée et « rigolote » aux IA trop politiquement correctes, a produit des images sexuelles explicites sans le consentement des personnes concernées. Baltimore argue que xAI a menti par omission en ne révélant pas ces risques, ces limites et cette exposition à des préjudices. En gros, Musk a vendu un couteau suisse en oubliant de mentionner qu’il coupait aussi les doigts de l’utilisateur. Le tribunal de la ville, saisi de l’affaire, estime avoir compétence car xAI opère et fait de la pub sur son territoire. Autrement dit, pas question de se cacher derrière un serveur au Texas.

Rappelons les faits : Grok, c’est cette IA qui tweete des blagues douteuses à 3h du mat’ et qui, selon les propres tests d’Anthropic, génère du contenu pédopornographique dans 84% des cas. Mais Musk, lui, répond par des emojis et des GIF. La dissonance entre le discours marketing (« l’IA libre et fun ») et la réalité technique (« l’IA qui crée des deepfakes porno ») atteint des sommets. Baltimore n’est pas la première à s’en plaindre, mais c’est la première ville à porter l’affaire devant un juge. Et ça, ça change la donne.

Le vrai problème, ici, c’est pas tant Grok lui-même – on sait depuis longtemps que les modèles de génération d’images ont un penchant pour le glauque. C’est la stratégie de communication de xAI. Vendre un produit comme sûr et grand public tout en sachant qu’il peut produire des horreurs, c’est soit de l’incompétence crasse, soit de la malhonnêteté pure. Et avec Musk, on penche souvent pour les deux. Le type qui promet des voitures autonomes depuis dix ans et qui livre des bagnoles qui crashent dans des camions de pompiers est capable de tout. Surtout de minimiser les risques pour vendre plus de licences.

Baltimore vise juste : elle attaque sur le terrain de la protection des consommateurs, pas sur celui de la propriété intellectuelle ou de la diffamation. C’est intelligent. Parce que prouver que Grok a violé un copyright, c’est compliqué. Prouver qu’il a trompé les utilisateurs sur ses capacités réelles, c’est plus facile. Les avocats de la ville vont probablement exhiber des publicités de xAI qui vantent Grok comme un outil familial, puis montrer des screenshots de ses dérapages. Le contraste sera savoureux.

Et pendant ce temps, que fait Musk ? Il tweet probablement une blague sur les avocats ou un meme sur la liberté d’expression. Parce que le patron de xAI a érigé l’irresponsabilité en marque de fabrique. Grok qui génère des nudes fake ? « C’est la faute des utilisateurs, ils ont mal prompté. » Les pertes financières ? « On va lever 10 milliards l’année prochaine. » Les procès ? « Les juges sont des woke. » La stratégie du chaos, ça marche un temps. Mais quand une ville entière te traîne en justice, ça commence à sentir le roussi.

Reste à voir comment xAI va se défendre. Option 1 : ils nient tout, arguant que Grok n’est qu’un outil et que la responsabilité incombe aux utilisateurs. Option 2 : ils sortent un patch à la va-vite en promettant des filtres plus stricts. Option 3 : ils ignorent et espèrent que l’affaire se tasse. Avec Musk, mise sur la troisième. Le mec a un talent pour faire diversion. Une annonce de Neuralink, un lancement de Starship, et hop, plus personne ne parle de Grok.

Mais Baltimore ne lâchera pas l’affaire si facilement. La ville a déjà un passif contentieux avec les géants tech (souvenez-vous de l’affaire Airbnb), et elle sait y faire. Si elle gagne, ça pourrait ouvrir la porte à une avalanche de procès similaires. D’autres municipalités, d’autres États, voire des pays entiers pourraient suivre. Et là, xAI aurait un vrai problème. Parce que payer des amendes, c’est une chose. Mais devoir revoir toute sa stratégie de transparence, c’en est une autre.

Au final, cette histoire résume à merveille le secteur de l’IA en 2026 : des boîtes qui lancent des produits à moitié finis, des patrons qui jouent les prophètes tout en minimisant les risques, et des utilisateurs qui trinquent. Musk n’est pas le seul coupable – OpenAI, Anthropic et Google ont leurs casseroles aussi – mais il est le plus bruyant. Et le plus imprévisible. Grok, c’est son bébé. Un bébé qui fait des cauchemars en couleur et qui les partage avec le monde entier.

La prochaine étape ? Probablement une régulation plus stricte, des audits obligatoires, et peut-être même une interdiction pure et simple des IA trop dangereuses. En attendant, Baltimore vient de rappeler à tout le monde que le bullshit a des limites. Et que même les milliardaires les plus médiatiques ne sont pas au-dessus des lois. Reste à savoir si le tribunal sera du même avis. Mais une chose est sûre : Musk va devoir sortir de sa bulle Twitter pour répondre à des questions sérieuses. Et ça, ça promet d’être drôle.


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