Greg Brockman a sorti son portefeuille. Pas pour payer une tournée générale au bar du coin, non. Pour financer la campagne de Donald Trump. Et selon lui, c’est pour le bien de l’humanité. Pendant ce temps, de l’autre côté du ring, Anthropic débloque 20 millions de dollars pour soutenir des candidats qui veulent réguler l’IA. Deux approches, un même objectif : acheter de l’influence politique en emballant ça dans du papier cadeau moral.
Dans une interview à Wired, Brockman, le président d’OpenAI, assume ses donations à Trump. « Ça soutient la mission d’OpenAI », dit-il, comme si financer un candidat connu pour ses positions anti-régulation était un acte de charité désintéressé. Sauf qu’OpenAI a toujours milité pour une régulation light, histoire de pas trop entraver sa course au compute. Brockman joue au philanthrope éclairé, mais son chèque sent surtout le lobbying à plein nez. Sauf que certains employés d’OpenAI sont pas d’accord. Surprise.
Anthropic, de son côté, sort le chéquier aussi : 20 millions pour Public First Action, un groupe politique qui s’oppose aux tentatives fédérales de museler les régulations étatiques sur l’IA. Ils soutiennent même Marsha Blackburn, une républicaine qui a combattu un projet de loi pour empêcher les États de légiférer sur l’IA. Ah, la belle ironie : Anthropic, la boîte qui publie des essais sur les risques existentiels, finance des candidats qui veulent plus de règles. Ça ressemble à de la cohérence, non ?
Sauf que c’est du même acabit. Brockman donne à Trump pour « l’humanité », Anthropic donne pour « la sécurité ». Dans les deux cas, c’est de l’argent qui sert à orienter le débat politique vers leurs intérêts. OpenAI veut moins de régulation pour accélérer, Anthropic en veut plus pour se poser en gardien vertueux — et accessoirement, ralentir la concurrence. Le résultat final ? Un marché de l’influence où chaque milliard déguisé en don philanthropique achète un peu plus de pouvoir sur les lois qui régiront demain.
Et le plus drôle, c’est que ces deux-là se présentent comme des adversaires. OpenAI vs Anthropic, la régulation light vs la régulation forte. En vrai, ils jouent le même jeu : utiliser la politique comme levier stratégique. Brockman avec ses millions pour Trump, Anthropic avec ses 20 millions pour Blackburn. La seule différence, c’est la couleur du ruban sur le paquet. L’un dit « pour l’humanité », l’autre « pour la sécurité ». Mais au fond, c’est pour leur business.
Quand on te parlera d’un dirigeant d’IA qui évoque une mission noble, rappelle-toi : son portefeuille parle plus fort que ses mots. Et dans cette course, l’humanité n’est souvent qu’un prétexte pour justifier des chèques qui sentent le lobbying à plein nez.
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