Alors que la Chine annonce utiliser l’IA et les données massives pour façonner la perception mondiale du Tibet, le Meta Oversight Board vient de balancer une bombe : l’IA serait « la machine de propagande la plus parfaite jamais inventée ». Merci, on avait pas remarqué.
C’est comme si le type qui braque une banque et le vigile s’accordaient pour dire que les armes à feu sont efficaces. Pékin déploie ses algorithmes pour lisser l’image du Tibet auprès des internationaux, le genre de coms montrant des yaks heureux et des moines souriants en occultant les vagues de répression. Le gendarme de Meta, lui, admet que son propre outil est un vecteur de propagande quasi parfait. Bravo, l’autocritique.
Le rapport du Oversight Board, sorti cette semaine, ne mâche pas ses mots : les systèmes de recommendation dopés à l’IA peuvent amplifier les narratifs trompeurs à une échelle et une vitesse jamais vues. Les plus gros modèles de recommendation sont chez Meta, Google, TikTok. La Chine, la Russie, et bientôt tout le monde utilisent déjà l’IA pour la propagande.
Alors voilà : la Chine assume (presque) ouvertement, Meta le dénonce en se donnant un rôle de lanceur d’alerte, et nous on reste là à regarder nos feeds en se demandant si ce post sur le Tibet est un vrai témoignage ou un deepfake généré par un LLM. La frontière entre information et intoxication devient aussi fine qu’un prompt engineering bien ficelé.
Comme on vous le disait la semaine dernière, l’IA n’est pas neutre. Mais là, on est en train de lui offrir le rôle du meilleur propagandiste de l’histoire. Et le pire, c’est qu’elle n’a même pas besoin de mentir : il suffit qu’elle choisisse ce qu’elle montre. Bien joué, l’humanité.
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