Le grand dégommage du slop IA a commencé et c’est pas trop tôt

Râler contre l’IA à la con, ce n’est plus seulement le passe-temps des vieux blogueurs aigris comme moi. Le backlash contre le « slop » génératif, cette bouillie visuelle et textuelle que les boîtes balancent pour remplir des pages, est en train de devenir une affaire sérieuse. Wired l’a constaté, et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça bouge enfin du côté des plateformes.

Selon un article de Wired paru hier, un nombre croissant de sites et d’apps déploient des outils pour signaler, étiqueter, et même bannir les contenus générés par IA. Exit le Far West où n’importe qui pouvait noyer le web sous des images de papes en doudoune et des articles de recettes improbables. Les plateformes commencent à sortir les menottes. Et ce n’est pas que de la frime : des politiques claires existent, des boutons de signalement apparaissent, et certaines d’entre elles n’hésitent plus à montrer la porte aux contrevenants.

On en parlait déjà la semaine dernière avec LinkedIn et Snapchat qui rageaient contre la bouillie IA. Mais là, le mouvement prend une autre ampleur. Le plus beau, c’est que le backlash ne vient pas que des plateformes. Il vient des gens. Prenons cette histoire rapportée par le Daily Mail : un groupe australien qui milite pour que les citoyens inscrivent « sans religion » au recensement de demain s’est fait épingler pour avoir utilisé des publicités générées par IA. Résultat : des critiques cinglantes sur cette « fausse humanité ». Les activistes qui utilisent des visages générés par machine pour vendre leur message, c’est comme un poisson qui prêcherait la natation. Incohérent, et ça se voit.

Bien sûr, je ne vais pas non plus me lancer dans un laïus enthousiaste. Cette lutte contre le slop, c’est un peu le jeu du chat et de la souris. Les générateurs d’images et de textes deviennent plus malins, les détecteurs améliorent leur jeu, et pendant ce temps-là, les plateformes essaient de garder une longueur d’avance. Certains y voient une occasion de se donner bonne conscience en faisant un exemple de temps en temps, pendant que le vrai foutoir continue sous le manteau. Mais des décisions concrètes sont prises, c’est indéniable. C’est déjà mieux que les belles déclarations sans suite.

Alors oui, il y a encore du chemin avant que le web redevienne un endroit propre. Mais la tendance est là : le slop n’est plus une fatalité, c’est un problème à régler. Et si même les activistes australiens trinquent pour leurs pubs générées par IA, c’est que la bataille est en train de se gagner, un signalement à la fois. Garde espoir, et signale.


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