Matthew Ramirez, 20 ans, inscrit en informatique en 2025 pour devenir développeur. Un an plus tard, il se réoriente en école d’infirmier. Pourquoi ? Parce qu’il a lu trop d’articles sur les licenciements tech et les IA qui remplacent les codeurs juniors. Il n’a pas été rappelé après un entretien pour technicien datacenter en juin. En décembre, il plie bagage. Sa famille compte des infirmiers, c’est stable, ça s’automatise moins vite. L’anxiété a gagné.
Pendant ce temps, sur Hacker News, un membre de communauté demande quoi dire à un jeune qui hésite entre finance et métier manuel à cause de la même « dread » orientée IA. Un seul commentaire pour l’instant, mais le sujet est lancé. La peur est contagieuse, elle traverse les filières. L’informatique hier, la finance aujourd’hui, demain quoi ? Le droit ? La com’ ?
Mais arrêtons-nous deux secondes. On parle d’étudiants qui changent de voie à cause de titres putaclic et de prophéties auto-réalisatrices. Les IA actuelles, même les plus avancées, ne remplacent pas un développeur junior. Elles assistent, elles automatisent des tâches répétitives, elles génèrent du code buggé qu’il faut corriger. Un infirmier, c’est stable ? Vraiment ? Avec les robots chirurgicaux, les diagnostics automatisés, les chatbots de triage ? La santé n’est pas un bunker anti-IA, c’est juste le prochain champ de bataille.
Le vrai problème, c’est pas l’IA. C’est le bruit. Les médias qui titrent « L’IA VA VOLER VOTRE BOULOT » dès qu’OpenAI sort un nouveau modèle. Les gourous LinkedIn qui se reconvertissent en coachs en résilience professionnelle. Les boîtes tech qui licencient pour plaire à Wall Street et blâment gentiment l’automatisation. Résultat : une génération qui fuit des métiers porteurs par peur d’un futur fantasmé.
Et pendant ce temps, Sam Altman et Dario Amodei continuent de lever des milliards en parlant de risques existentiels. La dissonance est magnifique. Ils financent la course à l’armement. Parallèlement, ils alimentent la psychose qui fait fuir les talents dont ils auraient besoin. C’est comme vendre des parapluies en prédisant la sécheresse.
Voici ce qu’on peut dire au jeune qui hésite entre finance et plomberie : D’abord, de respirer. Ensuite, que l’IA est un outil, pas un prédateur. Que les métiers qui résistent le mieux sont ceux qui combinent expertise humaine et maîtrise des nouveaux outils. Un trader qui sait faire parler GPT-4 pour analyser des rapports aura toujours un avantage. Un plombier qui ignore les apps de diagnostic IA se fera doubler.
La vraie sécurité, c’est pas la fuite. C’est l’adaptation. Matthew Ramirez a peut-être trouvé sa voie, et tant mieux si c’est par vocation. Mais si c’est par peur, il risque de déchanter. L’infirmerie n’est pas un sanctuaire. Rien ne l’est.
L’anxiété IA est le symptôme d’un malaise plus profond : on a vendu la tech comme un eldorado, maintenant on la vend comme une apocalypse. Entre les deux, y’a juste des gens qui essaient de bosser. Et ça, ça fait rarement les titres.
Autant devenir berger par peur des avions. Le monde change, mais les peurs, elles, sont éternelles. Et souvent, elles nous font prendre les mauvais virages.
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