C’est reparti pour un tour. L’IA, ce grand projet censé transformer l’humanité, se révèle être un vieux film qu’on a déjà vu : une bande de mecs blancs de la Silicon Valley qui refont le monde à leur image. Rana el Kaliouby, investisseuse et figure du secteur, vient de remettre les pieds dans le plat dans une interview à TechCrunch. Son constat est simple, et il pue : si on continue à exclure les femmes du financement et des postes de décision en IA, on va creuser un fossé des richesses monumental. C’est déjà en train d’arriver.
Tu te souviens des promesses ? L’IA pour tous, démocratique, inclusive. En pratique, c’est un boys club bien huilé. Les chiffres sont éloquents : moins de 2% des financements en capital-risque dans l’IA vont à des fondatrices. Les équipes de R&D ? Dominées par des hommes à plus de 80%. Les comités de direction des géants du secteur ? Des réunions de stagiaires en costard, mais en version senior. Et pendant ce temps, les modèles qu’on entraîne reproduisent et amplifient les biais de ceux qui les ont conçus. Surprise.
Le New Scientist ajoute une couche avec un article de Catherine de Lange : l’IA est quasi exclusivement conçue par des hommes. Et pour couronner le tout, l’administration Trump s’en prend maintenant à l’IA « woke », accusant les efforts de diversité de nuire à l’innovation. Traduction : faire de l’IA moins biaisée, c’est devenu un combat politique. Comme si vouloir des systèmes équitables était une lubie de gauchiste. On marche sur la tête.
El Kaliouby ne se contente pas de constater. Elle alerte sur les conséquences concrètes. Si les femmes ne sont pas aux commandes, les produits d’IA vont continuer à ignorer leurs besoins, à sous-représenter leurs voix, et à renforcer les inégalités économiques. Imagine : des outils de recrutement qui pénalisent les CV féminins, des assistants vocaux incapables de comprendre certaines intonations, des algorithmes de crédit qui discriminent. C’est pas de la science-fiction, c’est la réalité d’aujourd’hui. Et avec la concentration de richesses que l’IA va générer, si t’es pas dans le bateau, tu vas te noyer.
La solution ? El Kaliouby et d’autres voix proposent des pistes : quotas de financement, mentorat, éducation dès le plus jeune âge. Mais le plus urgent, c’est de sortir du déni. Les acteurs du secteur – OpenAI, Google, Meta, tous ces grands prêtres de l’IA – parlent d’alignement, de sécurité, de bénéfice pour l’humanité. Mais quand est-ce qu’ils vont aligner leurs équipes avec la population qu’ils prétendent servir ? Leur diversité interne est une blague, et leurs modèles le reflètent.
Pendant ce temps, Musk tweete des conneries, Altman lève des milliards, et Dario Amodei publie des essais sur les risques existentiels. Mais le risque le plus immédiat, c’est peut-être celui-là : construire un futur où la moitié de l’humanité est mise de côté. Et ça, c’est pas un bug, c’est une feature d’un système qui n’a jamais vraiment voulu changer. Alors quand on te parlera de révolution IA, demande qui est aux manettes. Parce que si c’est toujours les mêmes, la révolution, elle aura la gueule de l’emploi : celle d’un vieux club fermé.
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