L’International Burke Institute avait tout du think tank respectable : une communauté d’experts, une base en Israël, un nom qui sent bon le conservatisme anglo-saxon. Seul hic : cette institution n’a jamais existé. C’est une fiction montée de toutes pièces par des opérateurs russes, et ChatGPT a servi de machine à écrire.
OpenAI a dévoilé mardi avoir démantelé une opération d’influence russe qui utilisait ses outils pour générer des posts sur les réseaux sociaux. Les petits malins passaient par des VPNs pour se connecter depuis la Russie, et cosignaient des contenus en anglais et en allemand sur X, Telegram, et j’en passe. Le cœur du réacteur, c’était une promo agressive de ce fameux « International Burke Institute », avec une ligne éditoriale critique de l’UE et du gouvernement allemand. Du classique, quoi.
La portée est restée limitée, d’après The Decoder et Next. Mais OpenAI insiste sur un point : l’infrastructure derrière la campagne aurait pu être montée en charge. Autrement dit, c’est un télésiège qui aurait pu devenir une montagne russe si personne n’avait coupé le courant.
Ce qui intrigue dans cette affaire, c’est moins la technique que la banalité. On est en 2026, et la désinformation russe utilise toujours des outils grand public, avec un taux de succès disons modeste. Le vrai danger n’est pas le ChatGPT qui poste des conneries. C’est l’idée que ces opérations ne laissent aucune trace, ou presque. OpenAI a pu repérer le pot aux roses ici, mais combien d’autres flottent encore dans la nature, avec des VPN plus propres et des prompts mieux rodés ?
En attendant, le Burke Institute rejoint le cimetière des fantômes géopolitiques. OpenAI a banni les comptes, les médias ont rapporté l’histoire, tout le monde se sent un peu plus vertueux. Et pendant ce temps, les vrais réseaux d’influence, ceux qui n’ont pas besoin d’IA pour exister, continuent de tourner tranquillement. Mais ça, c’est une autre histoire qui n’intéresse personne. Ou plutôt si. Justement.
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