Rosedale tente de se clôturer avec du code, et ça sent la merde

T’as une hausse des cambriolages dans ton quartier chic ? Pas de souci, tu sors ton portefeuille et tu achètes de la surveillance IA. C’est ce que les résidents de Rosedale, un coin de Toronto où l’argent pousse sur les arbres, sont en train de mijoter. Ils veulent installer le système Flock, un truc qui scanne les plaques d’immatriculation avec de l’IA, pour créer la première « communauté fermée virtuelle » du Canada. Parce que visiblement, un vrai portail avec un gardien, c’est trop vulgaire, il faut que ce soit digital et disruptif.

Le Guardian rapporte que le crime à Toronto baisse globalement, mais à Rosedale, les cambriolages ont doublé par rapport à la moyenne de la ville. Alors la solution, c’est de fliquer chaque bagnole qui passe. Flock, c’est cette boîte américaine qui vend ses caméras à des particuliers et des flics, promettant de réduire la criminalité avec des algorithmes qui reconnaissent les plaques. Sur le papier, ça sonne bien. En pratique, c’est une usine à faux positifs et à données personnelles qui finissent dans des bases douteuses.

Mais le vrai problème, c’est pas la techno, c’est l’idée. Une « communauté fermée virtuelle », c’est juste une façon chic de dire « on veut garder les pauvres dehors ». C’est du NIMBYisme 2.0, avec une couche de bullshit tech pour faire passer la pilule. Les mecs de Rosedale ont peur ? Ok, légitime. Mais installer un panoptique numérique, c’est traiter le symptôme, pas la cause. Et en plus, ça crée un précédent glissant : demain, ton quartier de classe moyenne va vouloir la même chose, et après, ce sera la ville entière sous surveillance. La pente est savonneuse, et elle mène droit à une dystopie où ta voiture est traquée parce que t’as oublié de payer ta place de parking.

Et pendant ce temps, sur Hacker News, l’article a à peine un point et zéro commentaire. Personne n’en a rien à foutre, ou alors c’est tellement évident que c’est une connerie que ça mérite même pas de débat. Les vrais geeks savent que ce genre de système, c’est de la merde en boîte : les données fuient, les algorithmes sont biaisés, et au final, les criminels, ils changent de plaques ou ils viennent à pied. La sécurité, c’est pas une appli, c’est du social. Mais bon, essayer d’expliquer ça à des millionnaires en stress, bonne chance.

Pour couronner le tout, l’Independent parle d’un roman retiré à cause de soucis d’IA. Aucun lien direct, mais ça montre l’ambiance : on flippe tellement de l’IA qu’on la met partout, même là où elle sert à rien, et en même temps, on a peur de ce qu’elle produit. Cohérent, non ?

Alors, Rosedale, si tu veux vraiment te protéger, commence par engager plus de flics, améliorer l’éclairage public, et peut-être réfléchir à pourquoi ton quartier est une cible. Parce que balancer du code sur un problème social, c’est comme essayer de réparer une fuite d’eau avec un ChatGPT : ça fait joli, mais au final, ta maison est toujours inondée.


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