Sadiq Khan découvre l’eau tiède et offre des stages de survie

Sadiq Khan, le maire de Londres, vient d’annoncer un programme de formation gratuite à l’IA pour les Londoniens. Le même jour, il a aussi prévenu que l’IA pourrait devenir une « arme de destruction massive des emplois ». Le paradoxe est frappant. Autant dire que ton médecin te prescrirait un antidote tout en t’expliquant que le poison qu’il te vend va te tuer – mais bon, au moins t’auras appris à lire l’étiquette.

Le programme, dévoilé ce 8 février 2026, promet d’éduquer les citoyens sur les bases de l’intelligence artificielle. Objectif officiel : aider les gens à s’adapter à un marché du travail en pleine mutation. En coulisses, c’est surtout une manœuvre politique pour calmer les angoisses d’électeurs qui voient ChatGPT leur piquer leur boulot. Khan balance des métaphores apocalyptiques (« arme de destruction massive », vraiment ? On dirait un titre de film B des années 90) tout en sortant le chéquier public pour financer des ateliers. La dissonance, elle est pas subtile.

Penchons-nous sur les faits. L’IA bouleverse effectivement l’emploi – c’est pas une nouveauté, les rapports du MIT et de l’OCDE en parlent depuis des années. Khan n’a rien découvert, il recycle juste des prédictions existantes pour faire le buzz. Sa solution, ce sont des formations « gratuites ». Sauf que former des millions de personnes à un sujet aussi vaste et technique, c’est un peu comme essayer d’éteindre un incendie de forêt avec un vaporisateur. Les bons programmes de reconversion professionnelle coûtent des milliards et prennent des décennies – pas quelques heures de cours en ligne.

Et puis, soyons honnêtes : qui va bénéficier de ces formations ? Probablement ceux qui sont déjà un peu à l’aise avec la tech, pas le caissier ou l’ouvrier qui risque vraiment de se faire remplacer. C’est du virtue signaling à grande échelle. Khan joue au prophète de malheur pour capter l’attention, puis propose un pansement en guise de solution. Le vrai problème, c’est que les politiques adorent les annonces spectaculaires, mais détestent les réformes structurelles. Former les gens, c’est bien. Réformer l’éducation nationale, investir dans la R&D, réguler les géants tech qui licencient à tour de bras – ça, c’est moins glamour.

Pendant ce temps, les Sam Altman et Elon Musk du monde continuent de déployer des modèles toujours plus puissants, avec des conséquences sociales qu’ils ignorent superbement. Khan a raison de tirer la sonnette d’alarme, mais son remède sent le coup de com’. Si l’IA est vraiment une « arme de destruction massive », alors offrir des formations gratuites, c’est comme distribuer des casques en carton pendant une guerre nucléaire. Ça fait bien dans les journaux, mais ça protège personne.

Alors, Londres va-t-elle devenir un bastion de l’alphabétisation numérique ? Ou est-ce juste un autre exemple de politique spectacle, où on traite les symptômes en ignorant la maladie ? À vous de voir. Entre les discours alarmistes et les solutions cosmétiques, on est encore loin d’une vraie stratégie pour affronter le tsunami technologique. Et ce n’est pas une formation qui va changer la donne.


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