On a rarement vu un gouvernement taper du poing sur la table en disant « Vous touchez l’argent public pour l’IA, alors vous traitez vos employés correctement ». Ben Singapour vient de le faire. Et c’est pas rien.
L’IA qui remplace, mais pas n’importe comment
Jasmin Lau, ministre de la Main-d’œuvre, a lâché une bombe lors d’un discours cette semaine : « Nous agirons contre les entreprises qui acceptent des subventions pour l’IA tout en traitant leurs travailleurs de manière injuste. » Traduction : les entreprises veulent des sous pour automatiser ? Très bien. Mais si elles virent les gens à la pelle sans filet, on leur tombe dessus.
Le truc, c’est que Singapour investit massivement dans l’IA : on parlait encore y a deux jours de l’obligation d’enseigner l’IA dans le supérieur dès 2027. Mais le gouvernement veut une transition « juste », pas un carnage social. Du coup, ils ont lancé un programme qui s’appelle « Du déplacement au réemploi » (titre original, hein). L’idée est d’accompagner les travailleurs dont le poste est menacé par l’IA vers de nouveaux jobs, plutôt que de les laisser sur le carreau.
Les techos aussi flippent
Et pendant ce temps-là, une autre voix s’élève. Un commentaire dans les mêmes pages de CNA balance : « Les travailleurs de la tech qui construisent l’IA en ont aussi peur. » Ah bah voilà. Même ceux qui codent les algorithmes qui vont piquer le boulot des travailleurs stressent. C’est le syndrome du charpentier qui construit sa propre potence.
Le vrai sujet
Singapour montre une voie possible : l’IA oui, mais pas sans filet social. Mais est-ce que ça tiendra quand les pressions économiques seront là ? Quand une boîte pourra économiser 30% de masse salariale en remplaçant des humains par des agents, est-ce que les menaces du gouvernement suffiront ? J’ai des doutes, mais au moins ils essaient.
Pendant que Sam Altman nous serine que « tout le monde aura un emploi » (sauf que c’est faux, comme on le disait la semaine dernière), Singapour met les mains dans le cambouis. Et ça fait du bien.
Le mot de la fin
La ministre Lau a raison sur un point : si on laisse les entreprises prendre l’argent public pour l’automatisation et virer les gens sans contrepartie, c’est la porte ouverte à une révolte sociale. Mais entre les bonnes intentions et la réalité des bilans comptables, il y a un gouffre que même la meilleure IA ne pourra pas combler.
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