Les playlists de Spotify, ce temple du métrage radio-friendly, vont se faire un lifting. La plateforme a tranché : les artistes qui ne sont pas des personnes réelles auront le droit à une étiquette « AI Persona » vissée sur leur profil et sur leurs morceaux. Et pour que ce soit pas juste décoratif, leur musique va se manger une exclusion des recommandations éditoriales, algorithmiques et personnalisées. Traduction : tu ne croiseras plus ce genre de merdes générées à la chaîne dans ta Discover Weekly.
The Verge a dégainé l’info, TechCrunch a confirmé, et The Guardian y voit une « répression contre les faux performeurs ». Faut dire que le streaming avait fini par ressembler à une salle de marché où des bots streamaient des albums entiers de « chanteurs » qui n’ont jamais mis les pieds dans un studio. Face au mur, Spotify sort le badge honteux, mais pas l’interdiction. Les AI Personas peuvent continuer à exister, mais ils seront relégués au rayon des mal-aimés, loin des oreilles contaminées.
Ce n’est pas un coup de balai gratuit. On vous en parlait y a pas deux jours, le grand dégommage du slop avait commencé. Spotify, lui, préfère l’approche chirurgicale : un label, un placard, et on n’en parle plus. Sauf que la vraie question, elle est ailleurs. Est-ce qu’un artiste humain qui utilise un clone vocal IA ou des paroles générées devra aussi porter la marque ? Est-ce que la définition de « personne réelle » va être assez large pour couvrir les projets hybrides ? Le diable, il se cache dans les métadonnées. Les validations vont être un enfer chaud.
Alors oui, c’est bien de mettre les faux artistes au coin. Mais tant que l’IA pourra générer de la musique et que les vrais humains continueront d’appuyer sur « play », l’algorithme aura toujours un moyen de nous mettre des trucs chelous dans les oreilles. Reste à savoir si cette étiquette servira à t’aider, toi, ou juste à soulager la conscience de Spotify. Moi, je parie que dans six mois, un artiste humain connu se fera badger « AI Persona » à cause d’une erreur, et ça fera un beau scandale. Mais bon, on est là pour ça.
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