Le pire usage des deepfakes n’est plus les vidéos compromettantes : ce sont les pubs TikTok où une Taylor Swift IA promet des tunes pour mater des vidéos.
Copyleaks vient de balancer un rapport qui fait froid dans le dos : des arnaqueurs utilisent des deepfakes de Swift, Rihanna ou Kim Kardashian pour pomper les données personnelles. Le principe : des interviews truquées — le tapis rouge, le talk-show — où les starlettes numériques vendent un programme bidon appelé « TikTok Pay ».
« Je lisais sur le comportement numérique cette semaine et je suis tombée sur une fonctionnalité de test appelée TikTok Pay », susurre une Swift IA dans une vidéo qui détourne son passage au Tonight Show. « Certains utilisateurs sont invités à regarder des vidéos et à donner leur avis. » Et paf, le lien magique vers un site tiers codé avec la plateforme Lovable. On clique, on file son nom, et les données partent dans la nature.
À ce jeu-là, les plateformes sont dépassées. Meta se fait poursuivre par la Consumer Federation of America pour n’avoir pas enrayé le flot de pubs frauduleuses — des milliards par jour, selon des rapports. La FTC confirme : les escroqueries sur les réseaux explosent, Facebook en tête.
Du coup, les célébrités ripostent. La semaine dernière, Swift a déposé trois demandes de marque pour protéger son image et sa voix. Des phrases comme « Hey, it’s Taylor Swift » deviennent des marques déposées. Pas con, mais est-ce que ça va vraiment arrêter des mecs qui codent des sites de phishing avec Lovable ?
Le fond du problème, c’est que l’IA rend l’usurpation d’identité accessible à tous. Avant, il fallait un studio et des talents de imitateur. Maintenant, un prompt suffit pour avoir une Swift qui vend du vent. Et pendant que les législateurs chipotent, les arnaqueurs innovent plus vite que les garde-fous.
Alors oui, Taylor Swift peut bien déposer tous les slogans qu’elle veut. Tant que TikTok, Meta et les autres continueront à monétiser le chaos sans le contrôler, ces deepfakes vont proliférer. La seule question qui compte : combien de temps avant que n’importe qui se retrouve avec une voix synthétique en train de promouvoir une arnaque ?
Mais bon, c’est peut-être ça, le vrai « testing feature » : tester jusqu’où on peut nous prendre pour des cons.
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