Tice et ses militants fantômes

Richard Tice, le bras droit de Reform au Royaume-Uni, a cru bien faire en postant une photo de militants motivés pour illustrer la « résilience » de son parti. Problème : l’image pue l’IA à plein nez, et les experts comme les détectives du web ont vite démonté le truc. Des mains bizarres, des visages flous, des détails architecturaux improbables… La liste des signes trahissant une manipulation ou une génération par intelligence artificielle est longue comme un bras.

Le cliché, censé montrer une belle journée à Birmingham avec des supporters divers et souriants, ressemble plus à un prompt maladroit qu’à une vraie photo de terrain. Peryton Intelligence, une boîte spécialisée dans l’analyse d’images, a confirmé les soupçons : c’est presque certainement de l’IA. Entre les sourires trop parfaits, les pancartes flottantes et les ombres qui ne collent pas, on a l’impression que Tice a confié sa com’ à un stagiaire qui vient de découvrir Midjourney.

Ce qui est drôle, c’est que les indices sont tellement évidents qu’on se demande si c’est de l’incompétence ou une tentative désespérée de faire parler. Dans un contexte politique où l’authenticité est censée être reine, sortir une image aussi bidon, c’est soit un aveu de faiblesse (pas assez de vrais militants pour remplir le cadre), soit un coup de pub mal calculé. Et vu le timing – à peine quelques jours après une série de polémiques sur l’usage de l’IA dans les campagnes –, ça sent surtout la grosse bourde.

Le pire, c’est que Tice a accompagné la photo d’un message grandiloquent sur la « croyance » et la « résilience ». Ironique, quand l’image elle-même résiste à toute logique optique. Les réseaux sociaux s’en sont donné à cœur joie, décortiquant chaque pixel pour montrer à quel point le truc est faux. Des doigts en trop, des reflets qui n’existent pas, une diversité de foule qui semble sortie d’un catalogue d’images libres de droits… Bref, un concentré de tout ce qui peut mal tourner quand on utilise l’IA sans se poser de questions.

Et pendant ce temps, les partis traditionnels doivent se marrer. Parce que si Reform veut incarner le changement et la transparence, commencer par truquer ses propres images de campagne, c’est pas vraiment un bon départ. Surtout que les outils de détection sont de plus en plus accessibles, et que les internautes sont de moins en moins dupes. La prochaine fois, Tice fera peut-être appel à un vrai photographe. Ou alors, il assumera carrément et lancera une campagne 100% générée par IA. Au moins, ça aurait le mérite d’être cohérent.

Mais bon, entre nous, est-ce qu’on est vraiment surpris ? Dans un monde où les deepfakes deviennent monnaie courante et où les politiques utilisent ChatGPT pour rédiger leurs discours, voir un petit parti britannique se faire prendre la main dans le sac avec une photo retouchée, c’est presque rassurant. Ça prouve qu’il reste encore un peu de place pour l’erreur humaine. Enfin, si on peut appeler ça une erreur.


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