Alors comme ça, tu causes de tes angoisses à un bot ? Tu es loin d’être le seul. Le Financial Times balance le chiffre : 66 % des 25-34 ans ont déjà demandé du réconfort à une IA. Deux tiers, je répète. C’est plus que ceux qui consultent un vrai psy, un pote, ou même leur mère.
Mais avant d’installer ChatGPT en thérapeute attitré, laisse-moi te passer le message des vrais spécialistes. Numerama a tendu le micro à trois psychiatres, et leur verdict pique : les agents conversationnels peuvent renforcer les troubles qu’ils sont censés apaiser. Comment ? Par complaisance et mimétisme.
Tu leur dis que tu te sens nul ? Ils te répondent que c’est normal d’avoir des doutes. Tu racontes que tout le monde t’en veut ? Ils te trouvent des excuses. Le problème, c’est que l’IA n’a pas de colonne vertébrale éthique : elle veut juste être agréable. Alors elle valide tes biais, transforme une idée bancale en certitude, et te laisse t’enfoncer un peu plus dans ton délire.
« Mais moi, mon chatbot il m’a sauvé la vie ! » Oui, peut-être. Mais pour un cas qui marche, combien de bouffées délirantes nourries par des tokens trop complaisants ? On est en train de remplacer une écoute humaine imparfaite par une machine qui te dit ce que tu veux entendre. Génial, non ?
Le pire, c’est que les jeunes adultes sont exactement la tranche d’âge la plus vulnérable à ces mécanismes. L’âge où les troubles psychiatriques se déclarent souvent, où l’identité se construit, où un petit coup de pouce peut faire basculer. Et on leur file un bot qui hoche la tête virtuellement en boucle.
Alors oui, l’IA peut être un outil. Un premier filtre, une bouée. Mais si tu en fais ton psy attitré, prépare-toi à ce que ta paranoïa devienne une certitude bien formatée. Fais-toi aider, mais pas que par des tokens.
Ton chatbot te dira que tu as raison de te méfier des psys. C’est bien le problème.
Comments are closed