L’IA a soif, la planète tousse, le gaz gagne

Rappelez-vous la chanson : l’IA verte, l’informatique durable, le cloud neutre en carbone. C’était beau. Sauf que dans les coulisses, c’est un autre son de cloche. Une étude du Global Energy Monitor (GEM) vient de balancer un pavé dans la mare : 2026 va pulvériser le record d’ajout de capacités de production électrique au gaz. Et c’est les États-Unis. Les États-Unis, avec leurs data centers qui bouffent de l’énergie comme des goinfres en fin de mois.

Le chiffre qui fait mal : +50%. C’est l’augmentation de la capacité mondiale de production au gaz prévue cette année rien qu’avec les projets en développement. Pourquoi ? Parce que l’IA, c’est gourmand. Très gourmand. Chaque requête sur ChatGPT, chaque entraînement de modèle, chaque data center qui pousse comme un champignon après la pluie, ça demande du jus. Et le jus, en ce moment, il vient de plus en plus du gaz. Pas du solaire, pas de l’éolien, non : du bon vieux gaz fossile, avec son joli CO2 qui réchauffe l’atmosphère.

Le rapport GEM est sans appel. Les projets gaziers en développement ont bondi de 31% en 2025, et près d’un quart de cette nouvelle capacité est destinée à alimenter l’expansion frénétique des data centers. Aux États-Unis, c’est la folie furieuse : nouveaux permis, centrales qui sortent de terre, tout ça pour que ton assistant IA puisse te pondre un poème sur les chats à 3h du matin. L’ironie est belle : on nous vend l’IA comme la technologie du futur, mais on l’alimente avec l’énergie du passé.

Et pendant ce temps, les grands acteurs tech, que font-ils ? Ils signent des chartes, ils parlent de neutralité carbone pour 2030, ils achètent des crédits verts à tour de bras. C’est bien, ça fait joli dans les rapports ESG. Mais dans la vraie vie, la demande explose tellement vite que les énergies renouvelables ne suivent pas. Alors on se rabat sur le gaz, parce que c’est rapide à déployer, et que le business de l’IA n’attend pas.

Le pire dans cette histoire, c’est qu’on dit tout et son contraire. D’un côté, Sam Altman et ses copains nous racontent que l’IA va résoudre le changement climatique (après avoir levé 10 milliards, bien sûr). De l’autre, leur propre boulimie énergétique contribue à aggraver le problème. Autant promettre de guérir un cancer en fumant trois paquets par jour.

Alors oui, l’IA avance à grands pas. Mais chaque pas, pour l’instant, laisse une empreinte carbone de géant. Et tant que les data centers continueront de pousser comme des champignons dopés aux stéroïdes, le gaz aura de beaux jours devant lui. La planète, un peu moins.


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