OpenAI met ChatGPT sous perfusion publicitaire

Sam Altman a trouvé une nouvelle façon de « changer le monde » : te vendre des baskets pendant que tu lui demandes de résoudre ton bug Python. Selon CNBC, OpenAI lance aujourd’hui même les tests de publicités dans ChatGPT. Les pubs seront « clairement identifiées » et logées dans un espace séparé sous ta conversation. Un proche du dossier précise à CNBC qu’OpenAI « s’attend à ce que les publicités représentent moins de la moitié de ses revenus à long terme ». Ou comment annoncer que tu vas juste un peu sucer la vie de tes utilisateurs, pas complètement.

L’annonce date d’un mois, mais aujourd’hui, c’est pour de vrai. On ouvre ChatGPT, on pose une question sur la fusion nucléaire, et en bas de page, une bannière propose un crédit à la consommation. Poétique. Le timing est impeccable : après avoir brûlé 12 milliards par trimestre, levé des fonds à tour de bras en prédisant l’apocalypse, et essuyé des procès pour avoir pompé tout l’internet sans permission, OpenAI se découvre une vocation : devenir le Google de la génération de texte. Sauf que Google, au moins, te donne Gmail et Maps gratuits. Les utilisateurs payent 20 balles par mois pour Copilot Pro, et maintenant ils se tapent des pubs en plus. La « value proposition » commence à sentir le réchauffé.

ZDNet AI rappelle un détail croustillant : il reste peu d’IA sans pubs. Traduction : tout le monde est en train de sauter le pas, parce que personne n’a trouvé comment rentabiliser ces monstres de compute sans te faire cracher au bassinet. Claude d’Anthropic ? Toujours propre, mais à 30€ par mois, faut avoir le portefeuille solide. Gemini de Google ? Déjà bourré de suggestions payantes. Grok de Musk ? Gratuit, mais il génère de la pédopornographie entre deux emojis, alors niveau éthique publicitaire, on repassera. Meta ? Leurs modèles sont « open », mais leur business model, c’est la data et les pubs, comme d’hab. Bref, l’utopie de l’IA accessible et éthique, elle se fracasse sur la réalité des factures d’électricité.

Le plus drôle dans l’histoire, c’est la dissonance. Il y a six mois, Altman sermonnait le Congrès sur les risques existentiels de l’IA, demandait une régulation urgente, et expliquait que ces technologies étaient trop dangereuses pour être laissées au marché. Aujourd’hui, il balance des pubs pour des assurances-vie dans son chatbot. Le gars passe de prophète à vendeur de tapis sans transition. « On pourrait tous mourir, mais en attendant, cliquez sur cette bannière pour un prêt personnel. » Le safety-washing a vécu, place au revenue-washing.

Cette histoire de « moins de la moitié des revenus », c’est du pur storytelling. Ils te disent : « Ne vous inquiétez pas, on va pas devenir une machine à fric, promis. » Sauf que quand tu perds 12 milliards par trimestre, même 49% de tes revenus en pubs, c’est des milliards. C’est comme un dealer qui te dit : « T’inquiète, l’héroïne c’est moins de la moitié de mon business. » Le reste, c’est du crack.

Oui, les pubs seront « clairement identifiées ». Pour l’instant. L’A/B testing va découvrir que les bannières discrètes rapportent moins, et regarde comment les limites de la « clarté » vont s’évaporer. L’algorithme n’a pas de morale, il a un KPI. Et le KPI, c’est le CTR.

La vraie question, c’est : est-ce que ça va marcher ? Les utilisateurs de ChatGPT sont-ils prêts à tolérer des pubs pour un service qu’ils payent déjà ? Ou est-ce que ça va être le moment où tout le monde se réveille et se dit « Putain, mais en fait, c’est juste un moteur de recherche avec du blabla en plus » ?

En attendant, prépare-toi à voir débarquer des suggestions de produits « personnalisées par l’IA ». Si on parle de dépression, on propose un abonnement BetterHelp. Si on demande une recette de cookies, on vend un robot cuiseur. L’IA qui devait nous libérer du travail va surtout nous libérer de notre argent. Et Sam Altman, lui, va pouvoir continuer à lever des fonds en disant qu’on va tous mourir. Boucle bouclée.


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