L’Inde vient de lancer sa dernière arme dans la guerre des data centers IA, et c’est du lourd. On parle d’une enveloppe de 100 milliards de dollars et d’une exonération fiscale totale jusqu’en 2047. Soit 21 ans sans un centime pour le fisc indien. Les géants Amazon, Google et Microsoft, déjà en train d’étendre leurs infrastructures sur le territoire, doivent se frotter les mains. Mais derrière cette annonce tonitruante, il y a un pari risqué et des questions qui piquent.
La stratégie est claire : attirer les workloads IA les plus gourmands en énergie et en calcul, ceux qui font tourner les modèles géants comme GPT-5.2 ou Claude 4.5. L’Inde, avec son électricité pas chère et sa main-d’œuvre qualifiée, veut devenir le hub mondial de l’IA. Et elle y met les moyens : 100 milliards, c’est plus que le PIB de certains pays. Sauf que la note pourrait être salée. Et l’impact environnemental gigantesque. Les data centers IA sont des monstres énergivores, et l’Inde, qui carbure encore au charbon, va devoir gérer ça. La dépendance aux géants tech sera donc totale. Une fois les infrastructures en place, New Delhi sera pieds et poings liés à Amazon, Google et Microsoft. Si demain ils décident de plier bagage, l’Inde se retrouve avec des data centers vides et une dette astronomique.
Pendant ce temps, les projets de data centers dans l’espace, évoqués dans certaines analyses, restent un fantasme de science-fiction. Même New Scientist le dit : « SpacePutting data centres in space isn’t going to happen any time soon ». Traduction : on est encore loin de refroidir des serveurs en orbite. Alors que l’Inde mise sur le solide, d’autres rêvent de l’espace, mais pour l’instant, c’est du vent. La réalité, c’est que la bataille se joue sur Terre, et l’Inde vient de poser un joker de taille.
Mais est-ce que ça suffira ? Les taxes à zéro, c’est cool, mais les investisseurs regardent aussi la stabilité politique, la qualité des réseaux, et les risques géopolitiques. L’Inde a des atouts, mais aussi des faiblesses. Et puis, il y a la concurrence. D’autres pays, comme les Émirats ou Singapour, offrent aussi des conditions alléchantes. L’Inde n’est pas seule à vouloir sa part du gâteau IA.
Au final, ce plan à 100 milliards, c’est un coup de poker. Si ça marche, l’Inde devient un acteur majeur de l’IA mondiale. Si ça foire, c’est une dette colossale pour des résultats minces. Et pendant qu’on discute taxes et data centers, rappelons que les vrais gagnants, ce sont les géants tech. Ils obtiennent des infrastructures subventionnées, des conditions fiscales avantageuses, et un marché en or. L’Inde, elle, mise tout sur un pari. On verra bien si la roulette tourne en sa faveur.
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