Le software brain est en train de dévorer le monde, mais le monde commence à mordre

Nilay Patel, le patron du Verge, a lâché une bombe dans son dernier podcast. Il appelle ça le « software brain » — cette façon de voir le monde comme un problème d’algorithme à optimiser, où tout se résout avec des boucles et des bases de données. Le problème, c’est que les humains, eux, voient surtout des mecs en hoodie qui leur annoncent qu’ils vont perdre leur taf.

Les chiffres sont implacables. Un sondage NBC News place l’IA avec une cote de popularité en dessous de celle de l’ICE — l’agence d’immigration américaine, hein, pas une référence. Gen Z, qui utilise l’IA le plus, la déteste le plus : 31% d’entre eux se disent « en colère » contre l’IA, contre 22% l’an dernier. Seuls 18% se disent « pleins d’espoir ». C’est la tendance inverse de ce que la Silicon Valley voudrait.

Mais le plus frappant, c’est le décalage total entre le discours des dirigeants et la réalité. Regarde Satya Nadella, le boss de Microsoft, qui parle de « gagner la permission sociale de consommer de l’énergie parce qu’on fait le bien ». Voire. Pendant ce temps, les oppositions politiques locales aux data centers s’organisent, les élus qui les soutiennent se font virer, et dans les cas les plus extrêmes, des cocktails Molotov sont balancés chez Sam Altman. Violence inacceptable, évidemment, mais symptôme d’un sentiment d’impuissance face à une industrie qui promet de remplacer des millions de boulots.

Dario Amodei, le CEO d’Anthropic, l’a lui-même dit : « On pourrait bien avoir une crise sérieuse de l’emploi sur les bras ». Le type vend la sécurité tout en fabricant l’arme qui va atomiser les cols blancs. Mais bon, c’est pour le bien de l’humanité, c’est sûr.

Le « software brain » a créé notre monde moderne, comme l’a théorisé Marc Andreessen en 2011. Mais aujourd’hui, il semble avoir atteint ses limites : l’optimisation à tout-va sans prendre en compte les humains, ça finit par créer du rejet. La question, c’est de savoir si les patrons de la tech sont capables de voir autre chose que des algorithmes et des courbes de croissance. Pour l’instant, les chiffres disent non, et les gens commencent à répondre.

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