Google aux armées : 600 employés demandent à Sundar Pichai de fermer la porte

Alors que Google négocie avec le Pentagone pour déployer Gemini dans des environnements classifiés, 600 employés montent au créneau. Dans une lettre adressée à Sundar Pichai, ils demandent de refuser tout contrat militaire secret. Leur argument : une fois que les modèles sont classifiés, les équipes n’ont plus aucun contrôle sur leur usage. « La seule façon de garantir que Google ne soit pas associé à des actes nuisibles est de refuser tout travail classifié », écrivent-ils.

Les signataires ne sont pas des stagiaires en colère : parmi eux, plus de 20 directeurs, VP et principaux ingénieurs, dont beaucoup viennent de DeepMind. C’est le même labo qui, il y a des années, avait fait capser le projet Maven avec l’armée américaine. L’histoire se répète, mais en plus discret.

Le timing est parfait : Anthropic se bat en ce moment même devant les tribunaux contre le Pentagone, qui l’a désigné comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement » après avoir refusé d’assouplir les garde-fous de ses modèles militaires. Soutenue par une partie de la tech, y compris des employés de Google. Ironiquement, les mêmes qui soutiennent Anthropic bossent aujourd’hui pour une boîte qui pourrait signer le deal que Claude a refusé.

Google avait pourtant promis, il y a des années, de ne pas développer d’armes dotées d’IA. Promesse enterrée en février 2025, quand la direction a discrètement mis à jour ses principes d’IA. Depuis, les contrats militaires affluent.

La lettre ne demande pas l’arrêt total de la collaboration avec l’armée : juste le classifié. Mais les employés savent bien que la pente est glissante. « Sans le savoir, sans pouvoir les arrêter », disent-ils. Derrière le mot « classifié », c’est le trou noir de la transparence.

Pendant ce temps, Microsoft fournit déjà de l’IA classifiée. OpenAI a signé un nouvel accord avec le Pentagone en février. La course à l’armement IA est lancée, et les employés de Google tentent de freiner leur propre boîte avec une lettre. On verra si Pichai répond. Et si la réponse est autre chose qu’un mail poli suivi d’un communiqué lisse.

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