Tout le monde parle d’agents IA. C’est le nouveau mot magique du secteur, la promesse de systèmes qui ne répondent pas juste à tes questions, mais qui agissent, bougent, accomplissent des tâches comme un collègue virtuel. Sauf que jusqu’ici, c’était surtout du vent, des démos léchées et des promesses en l’air. Aujourd’hui, New Relic et Basware viennent rappeler que quand l’hype retombe, faut parfois savoir livrer des outils qui servent à quelque chose.
Commençons par New Relic, parce que bon, c’est pas la boîte la plus sexy du monde, mais ils ont le mérite de faire des trucs qui marchent. Ils viennent de lancer une plateforme pour créer et gérer des agents IA, avec en prime des outils OpenTelemetry pour mieux intégrer les flux de données. En gros, ils veulent te permettre de surveiller, déployer et contrôler tes agents comme tu le ferais avec n’importe quel autre service dans ton infrastructure. C’est technique, c’est spécialisé, mais c’est concret. Pas de révolution ici, juste une itération utile pour ceux qui ont déjà des systèmes complexes à gérer. Le genre de truc qui fait dire « ah ouais, ça peut servir » plutôt que « wow, on va tous être remplacés ».
Et puis y’a Basware, qui s’attaque à un domaine bien plus terre-à-terre : la facturation. Ils ont introduit des agents IA dans leur plateforme de gestion du cycle de vie des factures, avec comme objectif affiché d’atteindre une automatisation à 100%. Jason Kurtz, leur CEO, parle même d' »Agentic Finance », un modèle où les systèmes IA prennent en charge les tâches financières sous contrôle préétabli. Traduction : on veut que ton IA fasse le boulot chiant des factures, mais sans foutre le bordel dans tes comptes. Sur le papier, c’est ambitieux. En pratique, ça sent le vendeur de rêve qui promet la lune pour vendre des abonnements. Mais au moins, ils ciblent un vrai besoin, pas un hypothétique assistant généraliste.
Ce qui est marrant, c’est de voir comment ces deux approches illustrent les deux facettes du marché des agents IA aujourd’hui. D’un côté, New Relic et son truc d’observabilité : technique, un peu niche, mais avec des cas d’usage clairs. De l’autre, Basware et sa finance automatisée : grand public, promesses audacieuses, et un risque élevé de déception si le produit ne tient pas ses promesses.
Et c’est là que le bât blesse. Parce que les agents IA, c’est bien beau, mais la réalité, c’est qu’ils se plantent encore régulièrement. New Relic le sait, ils ajoutent des outils de contrôle pour ça. Basware le sait aussi, ils parlent de « contrôles préétablis ». Mais entre les lignes, ça veut dire : on va faire des erreurs, donc il faut pouvoir surveiller et corriger. La vraie innovation, ce n’est pas l’agent lui-même, c’est la capacité à le gérer quand il déraille.
Alors oui, c’est un pas en avant. Ces annonces montrent que le secteur commence à passer de la théorie à la pratique, avec des produits qui visent des problèmes spécifiques plutôt que de promettre de tout révolutionner. Mais garde ton scepticisme en éveil. Parce que derrière chaque « 100% automatisé », il y a souvent un humain qui doit repasser derrière. Et c’est peut-être ça, la vraie révolution : apprendre à bosser avec des IA qui font des conneries, plutôt que de les attendre comme des messies.
La prochaine étape, c’est de voir qui va réellement livrer. New Relic a une réputation à tenir, Basware a des clients à convaincre. Et nous, on a un bullshit-detector à affûter.
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