Elon Musk perd la moitié de ses cofondateurs xAI et promet une « réorganisation » pour aller plus vite

On se réveille un matin, on ouvre X, et on voit passer une série de posts d’adieu de cofondateurs de xAI. Pas un, pas deux, non, six sur douze. La moitié de l’équipe fondatrice qui s’envole dans la semaine qui suit la fusion xAI-SpaceX, une opération à 1 250 milliards de dollars, la plus grosse de l’histoire. Elon, lui, tweete que c’est une « réorganisation » pour « améliorer la vitesse d’exécution ». Rien à voir avec le fait que son entreprise vienne d’être absorbée par SpaceX et X, promis.

La liste des départs est impressionnante : Jimmy Ba, le dernier en date, rejoint cinq autres cofondateurs qui ont claqué la porte depuis l’annonce de la fusion. Les annonces sont toujours pleines de louanges — « xAI va changer le monde », « des percées majeures à venir » — mais le constat est là : la moitié des fondateurs originaux préfèrent aller voir ailleurs. TechCrunch et The Verge comptent au moins neuf ingénieurs partis, dont ces deux cofondateurs supplémentaires. NBC News rapporte que Musk a finalement réagi, expliquant que c’était juste une réorg pour aller plus vite. Parce que visiblement, fusionner trois boîtes en une, ça ralentit.

Le timing est parfait, comme d’habitude avec Musk. Lundi, annonce de la fusion monstre. Mardi, premiers départs. Mercredi, Musk tweete pour dire que tout est sous contrôle. La valo à 1 250 milliards ? Un record. Les départs en série ? Une simple optimisation. Le mec a un talent pour transformer les crises en opportunités de communication, même quand ça sent le roussi.

Et le pire, c’est que ça marche. Les posts des démissionnaires sont tellement polis, tellement élogieux, qu’on se demande presque s’ils ne partent pas en vacances. « Je crois en l’avenir d’xAI », « des avancées incroyables à venir ». Sauf que si on y croit tant que ça, on reste. Sauf si on préfère éviter le bordail qui s’annonce. La fusion xAI-SpaceX-X, c’est le genre de machin qui promet des synergies à couper le souffle sur le papier, et des guerres d’ego à l’infini dans les couloirs. Ajoute à ça la culture Musk — les décisions à 3h du mat’, les objectifs délirants, les revirements permanents — et on comprend pourquoi certains préfèrent sauter du train avant qu’il ne déraille.

Musk, lui, garde le sourire. Sa réponse sur X est un chef-d’œuvre de désinvolture : « réorganisé pour améliorer la vitesse ». Comme si virer la moitié de tes fondateurs était une étape normale dans une fusion. Comme si ça n’avait rien à voir avec les tensions inévitables quand tu mélanges une startup IA, une boîte spatiale et un réseau social en décomposition. La réalité, c’est que xAI perd son âme au moment même où elle devient un géant. Les cerveaux qui l’ont construite s’en vont, et Musk reste seul aux commandes, entouré de ses yes-men de SpaceX et X.

Ça va probablement ralentir xAI. Musk ne s’en fout absolument pas. Il a besoin de résultats, et vite, pour justifier les 1 250 milliards. Alors il serre les boulons, il « réorganise », et il espère que les restants seront assez motivés pour tenir le choc. En attendant, le secteur regarde, amusé. Parce que chez Musk, les drames de management font partie du spectacle. Et celui-ci est particulièrement bien chorégraphié : des départs polis, des communiqués rassurants, et une valo qui continue de monter. Le tout saupoudré d’une promesse de « vitesse d’exécution » améliorée. On verra bien si les trains arrivent à l’heure, cette fois.


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