T’as vu passer les chiffres ce matin ? 40% de coupes chez Block, 30 000 têtes chez Amazon en moins de quatre mois. Ça commence à faire un paquet de CV qui vont atterrir sur LinkedIn avec la mention « disponible immédiatement ». Et évidemment, dans le bruit médiatique, un coupable tout désigné : l’intelligence artificielle. Le fameux « AI jobs doom loop » qui fait frémir les CEO et les salariés. Mais avant de flipper, posons la question qui tue : est-ce que l’IA est vraiment la cause, ou juste l’excuse parfaite pour des plans sociaux qui puaient depuis longtemps ?
Jack Dorsey, le patron de Block (ex-Square), a sorti la hache de guerre. 40% de réduction d’effectifs, un chiffre qui fait tourner les têtes. L’explication officielle ? Restructuration, recentrage, blabla corporate. Mais entre les lignes, tout le monde parle d’IA. Parce que c’est tendance, parce que ça fait peur, et surtout parce que ça évite de dire « on a merdé notre stratégie pendant cinq ans ». Dorsey a toujours été un fan de l’automatisation, mais là, c’est du lourd. Le timing est parfait : une semaine de scénarios apocalyptiques sur l’IA dans les médias, et hop, on balance les mauvaises nouvelles. Coïncidence ? J’ai comme un doute.
Pendant ce temps, Amazon continue sa saignée à blanc. 16 000 licenciements annoncés aujourd’hui, pour un total de 30 000 depuis novembre. Le communiqué parle de « transferts internes » et de « support », mais franchement, qui y croit ? Amazon, c’est la boîte qui a automatisé ses entrepôts jusqu’à la moelle, qui déploie des robots partout, et qui utilise l’IA pour optimiser chaque seconde de productivité. Là, ils suppriment des postes dans la tech, le retail, et même dans les services cloud. Leur narrative ? « On s’adapte à l’ère de l’IA. » Traduction : on vire du monde parce qu’on peut le faire sans trop de vagues, grâce au bouc-émissaire algorithmique.
Alors, l’IA tue-t-elle vraiment des emplois ? Oui et non. Oui, elle automatise des tâches répétitives, rend certains rôles obsolètes. C’est pas nouveau, la révolution industrielle a fait pareil. Mais non, elle n’est pas responsable de 70 000 licenciements en quelques mois. C’est de la mauvaise gestion, des erreurs stratégiques, et une opportunité en or pour les directions financières de faire le ménage en silence. L’IA, c’est le paravent idéal : tu peux justifier n’importe quelle coupe sombre en brandissant le spectre de l’automatisation. « Désolé, mon pote, le robot fait ton boulot mieux que toi. » Sauf que souvent, le robot n’existe même pas encore.
Les CEO se posent trois questions, selon Fortune : comment éviter le doom loop, comment requalifier les équipes, comment garder une culture d’entreprise. Des questions légitimes, mais un peu tardives. Parce que pendant qu’ils tergiversent, les plans sociaux tombent comme des dominos. Amazon offre 90 jours de transfert interne ? Sympa, mais si les postes n’existent plus, c’est du pipeau. Dorsey parle de recentrage ? Ça veut dire qu’il a flingué des divisions entières et qu’il espère que l’IA va magiquement combler les trous.
Le vrai problème, c’est pas l’IA. C’est le manque de transparence. Ces boîtes jouent sur la peur pour masquer leurs propres échecs. Anthropic et OpenAI nous bassinent avec les risques existentiels pendant qu’elles piratent des bibliothèques et lèvent des milliards. Amazon et Block utilisent la même rhétorique pour justifier des licenciements massifs. C’est du safety-washing appliqué aux RH : on peint en vert éthique ce qui est juste de la mauvaise gestion.
Et les salariés dans tout ça ? Ils trinquent. 30 000 chez Amazon, des milliers chez Block, et ça ne fait que commencer. L’IA va créer des emplois, c’est sûr. Des prompt engineers, des ethicists, des maintenance specialists. Mais en attendant, c’est la descente aux enfers pour ceux qui se retrouvent sur le carreau. La requalification, c’est bien beau sur le papier, mais en pratique, c’est souvent un vœu pieux. Amazon va-t-il vraiment former 30 000 personnes à des métiers tech de pointe ? Allons, on n’est pas chez Pôle Emploi.
Alors, l’IA est-elle la grande méchante ? Non, c’est juste un outil. Comme un marteau : tu peux construire une maison ou défoncer un crâne. Là, les CEO l’utilisent pour asséner des coups à leur propre personnel. La prochaine fois que tu liras « licenciements à cause de l’IA », pose-toi la question : est-ce que l’IA a vraiment pris la décision, ou est-ce qu’elle sert juste de caution technologique à des choix humains, souvent foireux ? Spoiler : c’est presque toujours la deuxième option.
Et maintenant, si tu bosses dans une boîte qui parle beaucoup d’IA et peu de stratégie à long terme, commence peut-être à mettre ton CV à jour. Juste au cas où.
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