Le patron d’HSBC aux employés : ne luttez pas contre l’IA, embrassez la vague

La finance liquide ses juniors, c’était déjà la tendance. Mais cette fois, c’est le grand patron d’HSBC en personne qui monte au créneau pour justifier la purge.

Georges Elhedery, CEO de la banque britannique, a envoyé un message à ses 220 000 employés : « Ne luttez pas contre l’IA. » Traduction : si vous voulez garder votre job, apprenez à bosser avec la machine qui est en train de le rendre obsolète.

Le timing n’est pas anodin. HSBC a annoncé en février dernier un plan de restructuration qui prévoit la suppression de plusieurs milliers de postes, en grande partie dans les fonctions back-office et les rôles support — exactement là où l’IA fait ses premières coupes sombres. Et ce n’est pas un cas isolé. On te rappelait la semaine dernière que Standard Chartered avait viré 8 000 personnes pour les remplacer par des IA, en promettant que tout irait bien. Le même refrain, la même rengaine.

Elhedery, lui, vend la mue comme une opportunité. « L’IA va créer de nouvelles fonctions, de nouvelles opportunités », assure-t-il. Sauf que pour l’instant, les « nouvelles fonctions » se comptent sur les doigts d’une main quand les licenciements se mesurent en milliers. Un ratio qui sent le sapin pour les employés concernés.

Ce qui est frappant, c’est la franchise du mec. Là où d’autres font dans l’euphémisme corporate (« optimisation des ressources », « transformation digitale »), Elhedery dit cash : « Ne luttez pas. » Pas de promesse de reconversion massive, pas de filet social doré. Juste un conseil : adaptez-vous ou crevez.

Cynique ? Réaliste ? Sans doute un peu des deux. Mais ça pose une question qui va vite devenir centrale : quand ton boss te dit d’embrasser l’IA, qui va payer pour ta formation ? Parce que se former, ça coûte du temps et de l’argent. Et dans la finance, le temps, c’est déjà de l’argent.

HSBC n’a pas détaillé le nombre exact de suppressions liées à l’IA, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une étude McKinsey citée la semaine dernière prévoit que 50% de nos heures de boulot seront transformées d’ici 5 ans. La finance est en première ligne, et le message d’Elhedery est un avant-goût de ce qui nous attend : l’IA n’est pas un choix, c’est une obligation.

HSBC ne va probablement pas créer autant d’emplois qu’elle en supprime, et les sceptiques — dont je suis — ont le droit de douter. Mais au moins, Elhedery ne nous prend pas pour des jambons. Il dit les choses. Et c’est peut-être ça, le plus inquiétant.

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