On se réveille un vendredi matin et, surprise, deux startups IA viennent de lever des millions. Levitate, 16 millions. Lio, 30 millions. C’est pas la première fois, et ça sera pas la dernière. Mais regarde-moi ces annonces : un pour le marketing relationnel, un pour la gestion des achats. Deux niches, une même promesse : l’IA va sauver ton business de la paperasse. Sauf que, comme d’hab, le diable est dans les détails – et les détails, ils sont souvent oubliés dans les communiqués de presse.
Levitate, ou l’art de vendre de l’IA comme un coach en relations
Levitate, fondée en 2017, prétend « apporter l’IA aux entreprises basées sur les relations ». Traduction : ils automatisent tes mails, tes rappels, tes posts sur les réseaux sociaux pour que tu aies l’air d’un pro du networking sans y passer 40 heures par semaine. 8 000 clients, 71 millions levés au total. Pas mal. Mais pose-toi la question : combien de ces 8 000 clients utilisent vraiment l’IA au-delà d’un assistant à rédiger des templates ? Leur vrai produit, c’est peut-être juste une interface qui brille et une base de données de contacts, avec un peu de génération de texte en plus pour faire moderne. Harbert Growth Partners mène la ronde, avec Bull City Venture Partners et Northwestern Mutual Future Ventures dans le coup. Des noms qui sonnent sérieux, mais rappelle-toi : investir dans l’IA en 2026, c’est comme acheter des actions tech en 1999 – tout le monde veut sa part du gâteau, même si le gâteau est parfois un peu moisi.
Lio, ou comment faire croire que les achats d’entreprise sont soudainement sexy
De l’autre côté, Lio débarque avec 30 millions de Series A, menés par Andreessen Horowitz – les rois du pari risqué. Leur pitch : des agents IA pour automatiser les achats d’entreprise. Finis les appels d’offres interminables, les négociations de contrats à s’arracher les cheveux. L’IA va tout gérer. Série A, 33 millions au total, expansion aux États-Unis en vue. SV Angel, Harry Stebbings, Y Combinator sont de la partie. Ça sent le gros coup médiatique, mais est-ce que ça tient la route ? Les agents IA, on en parle depuis des années, mais entre la démo léchée et la réalité où l’agent commande 1000 stylos au lieu de 10, y’a un monde. Lio promet d’accélérer le développement de sa plateforme – traduction : ils ont un prototype, maintenant faut le rendre utilisable sans que ça pète tous les quatre matins.
Le pattern est toujours le même
Levitate et Lio, c’est deux exemples parfaits du jeu actuel : trouve une niche corporate chiante (marketing relationnel, achats), ajoute le mot « IA » comme sauce magique, lève des fonds avant que les investisseurs se réveillent. Levitate a 9 ans d’existence – ils ont survécu, c’est déjà ça. Lio, plus jeune, mise sur la hype des agents. Mais au final, les deux jouent sur la même corde : l’IA comme assistant, pas remplaçant. Notre crédo, tu vois ? Sauf que dans les faits, combien de ces outils vont vraiment libérer du temps, et combien vont juste créer de nouveaux problèmes à régler ?
Et après ?
Score d’impact : 4/10. Pourquoi si bas ? Parce que c’est du business as usual. Deux levées de plus dans un océan de financements IA. Rien de révolutionnaire, rien qui change la donne. Levitate a peut-être un produit solide après presque une décennie, mais Lio, on verra si leurs agents tiennent la route ou si c’est juste du vent bien emballé. En attendant, les investisseurs continuent de jeter de l’argent sur tout ce qui bouge, et nous, on reste assis à regarder le spectacle, un peu sceptiques, un peu amusés. La prochaine fois, peut-être qu’une startup lèvera pour une IA qui gère les réunions inutiles – oh wait, c’est déjà le cas.
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