Sam Altman a encore trouvé un moyen d’acheter du temps. Après avoir promis l’apocalypse pour justifier des levées de fonds record, OpenAI s’apprête à mettre 1,5 milliard de dollars sur la table pour créer un joint-venture avec des géants du private equity. Le but ? Se servir de leurs réseaux pour pousser ChatGPT dans les entreprises, histoire de rattraper le retard face à Microsoft Copilot et autres solutions B2B qui commencent à grignoter son avance.
On apprend via le Financial Times qu’OpenAI est en négociations avancées pour injecter jusqu’à 1,5 milliard de dollars dans une nouvelle entité, baptisée DeployCo selon AIBase. Ce truc serait cofinancé avec des fonds de private equity de premier plan (les noms ne sont pas encore publics, mais imagine les habituels suspects : Blackstone, KKR, etc.). L’idée est simple : utiliser les portefeuilles de ces fonds – des milliers d’entreprises dans tous les secteurs – comme rampe de lancement pour ChatGPT Enterprise et autres produits B2B. Le tout avec une valorisation visée de 10 milliards d’ici début mai, parce que dans la Silicon Valley, si tu ne vises pas les milliards avant même d’avoir signé, t’as raté ta vie.
Pourquoi ce move ? Parce que OpenAI commence à sentir le soufflé retomber. ChatGPT a fait un carton en B2C, mais convertir les entreprises, c’est une autre paire de manches. Il faut des intégrations, du support, de la conformité, et surtout, des contacts. Les fonds de private equity en ont à revendre, et ils adorent les histoires de transformation digitale pour doper la valeur de leurs participations avant une revente. C’est du win-win : OpenAI achète un carnet d’adresses géant, les PE funds ajoutent une ligne « IA révolutionnaire » à leur pitch, et tout le monde fait semblant de croire que ça va résoudre les vrais problèmes d’implémentation.
Mais ne t’emballe pas trop. D’abord, 1,5 milliard, ça représente environ 12% des 12 milliards de pertes trimestrielles d’OpenAI (oui, ils perdent encore de l’argent, malgré les 100 millions d’utilisateurs). Ensuite, les joint-ventures avec le private equity, c’est souvent le royaume des promesses non tenues. Tu te souviens de SoftBank et de sa Vision Fund ? Même principe : des milliards déversés, des synergies magiques promises, et au final, des startups qui crèvent parce que les fonds s’intéressent plus à l’exit qu’à la croissance durable.
Et puis, il y a le petit détail éthique. OpenAI, la boîte qui nous serine sur les risques existentiels de l’IA, va s’associer avec des fonds connus pour optimiser les coûts (lire : licencier) et maximiser les profits à court terme. Imagine les conseils d’administration : « Bon, on intègre ChatGPT pour automatiser 30% des postes support, ça booste l’EBITDA, et on revend dans deux ans. » Le messianisme d’Altman rencontre le capitalisme de prédateur, et bizarrement, ils se trouvent beaucoup de points communs.
En vrai, c’est une stratégie classique : quand tu as du cash mais pas de distribution, tu achètes l’accès au marché. Mais ça sent un peu la fuite en avant. Au lieu de régler les vrais freins à l’adoption en entreprise (la fiabilité, la sécurité des données, le coût), OpenAI mise sur un coup de com’ financier. Si ça marche, ils deviennent incontournables en B2B. Si ça foire, ils auront brûlé 1,5 milliard pour un PowerPoint de plus.
En attendant, garde un œil sur les annonces début mai. Si la valorisation à 10 milliards se confirme, ça voudra dire qu’OpenAI a réussi à vendre du rêve à des pros qui sont pourtant censés ne pas se laisser impressionner. Ou alors, que tout le monde joue le même jeu du bluff.
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