Steinberger passe chez OpenAI, OpenClaw devient open source

Sam Altman a encore fait du Sam Altman. Sur X, il annonce l’arrivée de Peter Steinberger, le cerveau derrière OpenClaw, ce projet d’agent IA open source qui a fait un carton ces derniers mois. « Il a plein d’idées géniales sur les interactions entre agents IA », twitte le patron d’OpenAI, avant de lâcher la phrase qui fait vendre : « L’avenir sera extrêmement multi-agent. »

Traduction pour les non-initiés : OpenAI, qui nous serine depuis des années que ses modèles sont trop dangereux pour être open source, rachète les cerveaux derrière les projets open source qui marchent. Steinberger, de son côté, sort le classique du recrutement tech : « Au final, je sentais qu’OpenAI était le meilleur endroit pour poursuivre ma vision et l’étendre. » Autrement dit, la startup cool devient un produit feature d’une méga-corporation, et tout le monde est content. Sauf peut-être la communauté open source qui se retrouve avec un projet orphelin.

Parce que oui, OpenClaw va « continuer à vivre » en open source, selon le communiqué d’OpenAI. Les guillemets sont de moi. Parce qu’on sait ce que ça veut dire : le code sera disponible, mais l’équipe fondatrice est partie, les commits vont se raréfier, et dans six mois, tout le monde sera passé à autre chose. C’est le cycle classique : un projet perce, les GAFAM se jettent dessus, le rachètent ou embauchent ses créateurs, et ce qui reste à la communauté, c’est un dépôt GitHub qui sent le cadavre.

Le timing est savoureux. OpenAI, qui a passé l’année 2025 à lever des milliards tout en prédisant la fin du monde, se retrouve à court d’idées pour ses propres agents. Gemini de Google fait un flop, les modèles open source grignotent des parts de marché, et il faut bien montrer aux investisseurs qu’on innove encore. Recruter Steinberger, c’est un coup de com’ low-cost : tu récupères un expert, tu neutralises un concurrent potentiel, et tu fais croire que tu t’ouvres à l’open source. Le tout pour le prix d’un salaire de VP.

Steinberger, lui, joue son jeu. OpenClaw était viral, mais viral ne veut pas dire rentable. Le projet permettait aux utilisateurs de créer des agents IA personnels, mais la monétisation, c’était le point d’interrogation géant. Passer chez OpenAI, c’est la sécurité, les moyens, et une tribune pour ses « idées géniales ». Reste à voir si Altman le laissera vraiment pousser sa vision du multi-agent, ou si c’est juste un alibi pour faire joli dans les slides.

Reste à savoir si OpenAI va vraiment open-sourcer OpenClaw, ou si c’est du open-washing à la Meta. Parce que l’open source sincère, chez eux, ça n’existe pas. Ils ont passé leur existence à dire que leurs modèles étaient trop puissants pour être libres, et là, du jour au lendemain, ils open-sourcent un projet qui cartonne ? Ça sent l’opération de com’ à plein nez.

En attendant, la communauté open source se retrouve avec un jouet cassé. Steinberger part, l’élan avec. Les contributeurs vont se disperser, et OpenClaw va rejoindre le cimetière des projets open source rachetés par les gros. La seule innovation réelle ici, c’est peut-être dans la capacité d’OpenAI à recycler les idées des autres tout en gardant son aura de pionnier. Un coup de maître, ou un coup de désespoir ? À toi de voir.


Sources :

Categories

Comments are closed

Latest Comments

Aucun commentaire à afficher.