Apple voulait des secrets, OpenAI a sorti les textos

Ça sent le vinaigre entre Cupertino et OpenAI. Depuis le mois dernier, Apple accuse la start-up de Sam Altman de lui avoir piqué des secrets industriels par l’intermédiaire d’un ancien ingénieur, Chang Liu. Mais le 4 août, OpenAI a décidé de ne plus se laisser faire en justice et surtout sur la place publique. Le lab publie un billet intitulé « Apple is getting this wrong » et balance des messages qui pourraient bien changer la donne.

Apple, dans sa dernière motion, affirmait que d’autres ex-employés auraient pu conserver ou accéder à des informations confidentielles. L’injonction demandée, c’est du sérieux. Si le juge la prononce, cela pourrait bloquer tout ou partie des activités d’OpenAI liées à ces prétendus secrets. Mais OpenAI ne se contente pas de nier. Il montre des conversations iMessage entre Chang Liu et ses anciens collègues restés chez Apple. Et surprise : ce sont les employés de la Pomme qui écrivent en premier, réclamant de l’aide technique et des fichiers internes à leur ancien pote parti ailleurs. Autrement dit, Apple voudrait faire passer son ex-salarié pour un espion, alors que certains de ses propres employés continuaient à le traiter comme leur fournisseur officiel de solutions.

Le ton monte d’un cran. OpenAI qualifie même la procédure de « négligente, agressive et étrangement personnelle ». On n’est plus dans le complot industriel, on est dans le règlement de comptes entre anciens amis. Le point le plus croustillant, rapporté par AIBase : l’avocat externalisé d’Apple aurait envoyé un email à la mauvaise personne. Un simple faux pas, mais qui à ce niveau de paranoïa industrielle devient une arme de destruction massive. Sans doute une belle manière de discréditer l’adversaire.

Forcément, on se marre un peu. Apple, championne de la confidentialité, se retrouve à fouiller dans des conversations privées pour prouver que ses secrets se sont barrés. OpenAI, de son côté, expose des messages personnels à des millions de potentiels lecteurs. La morale est sauve : les deux géants n’ont aucun scrupule à éventrer la vie privée de leurs employés quand leur trésorerie est en jeu.

Reste que cette affaire n’est pas qu’un soap opera de la tech. Elle soulève de vraies questions sur la mobilité des talents. Un ingénieur qui change de boîte doit-il effacer toutes ses connaissances ? Apple semble penser que oui, et qu’en plus ses anciens collègues n’ont pas le droit de l’appeler. OpenAI, elle, estime que le récit d’Apple est une construction grossière pour ralentir son développement.

La bataille juridique ne fait que commencer. La cour devra démêler ce que les textos disent réellement et si les fameux secrets sont vraiment partis chez le concurrent. Mais pendant ce temps, les avocats des deux camps ont de beaux jours devant eux. Et nous, on se régale en voyant les plus grandes boîtes de la planète se jeter des captures d’écran à la figure en pleine audience publique.


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