Alors comme ça, tu croyais que Google avait mis la main à la poche pour équiper son poulain Anthropic ? Raté. Le géant de Mountain View a trouvé le moyen de fournir des centaines de milliers de puces et des datacenters à Anthropic sans que ça vienne polluer son bilan. Magique. Ou presque.
Selon le Financial Times, relayé par The Decoder et Silicon.fr, Google a bricolé un montage de près de 200 milliards de dollars avec Broadcom, Apollo, Blackstone et Morgan Stanley. Le principe ? Une structure de financement qui loue les infrastructures à Anthropic, et qui laisse la plupart des risques chez les financiers, pas dans les livres de Google. En clair, Google met le couteau, les autres mettent l’argent, et si le couteau casse, ce sont les autres qui s’y coupent.
C’est malin, faut le reconnaître. Pendant que tout le monde casque pour construire des data centers à tour de bras, Google monte un montage à la Gordon Gekko pour ne pas alourdir un bilan déjà bien costaud. Disons que c’est plus facile de continuer à engraisser ses marges quand on externalise la peur du lendemain.
Mais attends, il y a un piège. Ces 200 milliards ne sont pas un chèque en blanc. Les contrats sont suspendus à la croissance continue d’Anthropic et à sa capacité à payer ses loyers. Si Anthropic commence à tousser, c’est tout le château de cartes qui tremble. Les banques et fonds qui ont mis la main au portefeuille pourraient se retrouver avec des data centers flambant neufs et personne à l’intérieur. Et là, c’est plus un problème Google, c’est un problème systémique.
The Decoder rappelle que ce montage laisse environ 200 milliards de dollars de contrats dépendants de la santé financière d’Anthropic. Autrement dit, le pari est énorme. Google joue les financiers prudents, mais en réalité, c’est un coup de poker géant sur le dos d’Anthropic. Si l’entreprise d’IA continue de lever des fonds et de décrocher des contrats en béton, tout le monde est content. Si elle trébuche, on saura qui a mal lu le contrat.
Et pendant ce temps, la politique monétaire nous regarde. Ces 200 milliards, c’est une nouvelle illustration de la folie des grandeurs qui agite l’industrie de l’IA. On empile des dettes, on externalise des risques, on espère que la croissance continue. Tu connais la chanson. Elle a tendance à finir en pause-café avec des experts en redressement judiciaire.
Alors, Google est un génie de la finance ou un funambule sans filet ? La réponse tient en un mot : Anthropic. Si le poulain galope, personne ne parlera du montage. S’il se casse une patte, on ressortira les contrats et on rigolera jaune.
En attendant, Morgan Stanley peut dormir tranquille. Ou pas.
Sources :
Comments are closed