Jardin secret, jardin sous algorithmes : et si tout le monde trichait ?
Ça sent le roussi à Chelsea. Pas à cause du compost mal tourné, mais à cause de l’IA. La petite polémique du moment : des jardiniers accusés d’avoir utilisé des outils d’IA pour concevoir leurs parterres. « Pas fair-play », « c’est pas du jardinage ça », « on triche ». On a déjà vu ça quelque part.
Pendant ce temps, sur Hacker News, un développeur balance un pavé dans la mare : « J’ai utilisé Claude Code pour écrire des fonctionnalités entières. Je les ai conçues, mais l’exécution, c’est pas moi. Est-ce que c’est du plagiat ? » Bingo total. Parce que la question n’est pas propre aux jardins. Que tu tailles des buis ou que tu débugues une API, le malaise est le même : quand l’outil fait à ta place, où commence et où finit ton travail ?
Le syndrome du tricheur
Tu connais ce sentiment — un peu comme quand tu demandes à ChatGPT de rédiger un mail et que tu te sens pas tout à fait légitime. Ça s’appelle le syndrome de l’imposteur version 2.0. À la différence près que là, y’a une vraie question de propriété intellectuelle qui se cache derrière. Le code produit par Claude, il est à qui ? Au développeur qui a découpé en tickets ? À l’algorithme ? À son entraîneur ? Mystère.
Ce que je trouve hallucinant dans le thread HN, c’est que personne ne se dit « Je fais du pairing avec une IA, c’est comme co-écrire. » Non, ils parlent de « pseudo-plagiat ». Traduction : l’outil est si performant qu’il devient invisible, et du coup, on a l’impression d’avoir volé la lumière. C’est un glissement silencieux dans nos pratiques, et on se retrouve à se demander si demain, faudra déclarer ses outils comme on déclare ses impôts.
D’un étal à l’autre
Bien sûr, il y a une différence d’échelle entre tailler un rosier et déployer un microservice. Mais le fond est le même : à quel moment «le métier » devient autre chose ? Les jardiniers de Chelsea qui utilisent un générateur de plans, est-ce que c’est vraiment différent d’un dev qui délègue des fonctions à Claude ? Les deux déplacent le curseur de « faire » vers « concevoir ». Et ça, ça fout les boules à ceux qui ont appris le geste.
Ce qui me frappe, c’est la culpabilité. Le dev HN culpabilise de ne pas écrire lui-même chaque ligne, alors que le résultat est fonctionnel. Les jardiniers accusés d’IA culpabilisent de ne pas avoir dessiné à la main. Mais dans les deux cas, l’IA n’a fait qu’accélérer une mécanique d’externalisation qui existe déjà. Tu crois que les jardins de Versailles ont été plantés par Le Nôtre tout seul, à la petite cuillère ? Non : des armées de jardiniers et des tonnes d’outils. L’IA, c’est juste un sécateur un peu plus intelligent.
Alors, on le dit ?
Le dev demandait : « Est-ce que vous mentionnez que vous utilisez de l’IA ? » La réponse évidente, c’est que ça dépend — du contexte, du client, de l’ampleur. Mais la vérité, c’est que plus personne ne saura bientôt ce qui est fait par IA ou pas. Et ça, c’est le vrai changement.
Mon conseil : arrêtez de vous flageller. L’IA n’est pas un tuteur déguisé en copain de classe qui vous souffle les réponses. C’est un outil. Peut-être même un artisan amnésique. Mais il faut l’avouer, pas comme une faute, plutôt comme une fierté mal placée : « Regardez comme j’ai bien délégué ». Ça n’enlève rien à votre talent de chef d’orchestre.
Et toi, tu le caches ou tu le cries sur les toits ?
Sources :
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