C’est un pavé dans la mare techno. Le Pape Léon XIV, premier pape américain de l’histoire, a sorti l’artillerie lourde ce lundi avec son encyclique « Magnifica Humanitas » : un texte qui évoque rien de moins que la tour de Babel pour qualifier la course à l’intelligence artificielle.
« Le développement effréné de l’IA est motivé par une culture du pouvoir et une idolâtrie du profit », a déclaré le souverain pontife lors d’une conférence de presse au Vatican. Avant d’ajouter que confier des « décisions létales » à des systèmes artificiels relève de l’ « impermissible ».
Un manifeste qui fâche
L’encyclique – une première depuis le début de son pontificat – ne se contente pas de taper sur la tech. Léon a aussi profité de l’occasion pour présenter des excuses officielles pour le long silence de l’Église sur l’esclavage, une « blessure dans la mémoire chrétienne », tout en pointant les « nouvelles formes d’esclavage » engendrées par l’économie numérique. Un parallèle osé – mais qui donne le ton.
Allez, tout le monde ralentit
Le message est clair : il faut « ralentir » les progrès de l’IA avant qu’il ne soit trop tard. Le Vatican va même créer un groupe d’étude sur l’impact de l’IA sur la « dignité humaine ». Et pour donner du poids à l’initiative, le Pape a invité ni plus ni moins qu’un co-fondateur d’Anthropic à participer au lancement de l’encyclique.
Oui, tu as bien lu. Le même Anthropic qui vend Claude à la NSA et qui fait du safety-washing en levant des milliards. Mais bon, quand on cherche des alliés contre le complexe techno-industriel, on fait avec ce qu’on a.
Un signal pour les croyants de la Silicon Valley ?
Au-delà du symbole fort (un pape américain qui s’attaque frontalement à la religion du progrès), le texte pose une vraie question : jusqu’où les géants de la tech écouteront-ils un appel à la modération quand ils sont en pleine guerre du compute ?
« L’IA doit servir l’humanité, pas concentrer le pouvoir », martèle le Vatican. En soi, c’est une position louable. Mais entre les déclarations et la réalité des levées de fonds à 10 milliards, il y a un gouffre que les prières ne combleront pas.
Reste à voir si cet appel sera entendu ou s’il finira comme les autres, noyé dans le bruit des GPU qui tournent à plein régime.
Sources :
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