T’as remarqué comme, du jour au lendemain, les CEO de la Silicon Valley sont devenus les Cassandre de l’emploi ? « Désolé pour les 20 000 postes supprimés, c’est la faute de l’IA, et d’ailleurs il nous faut 10 milliards de plus pour continuer. » C’est la nouvelle danse du ventre corporate : pointer du doigt tes propres outils pour faire oublier que t’as merdé sur toute la ligne.
La BBC a sorti un article hier soir qui résume bien le cirque. Les chefs d’entreprise, qui il y a deux ans vendaient l’IA comme la potion magique pour booster la productivité (et leurs actions), se réveillent soudainement en mode « Oh mon dieu, ça va tuer des emplois ! ». La surprise, hein. Comme si on avait pas vu venir que remplacer des humains par des lignes de code allait avoir un impact sur… les humains.
Mais le vrai sel, c’est dans ce qu’ils ne disent pas. Derrière chaque « licenciement lié à l’IA », il y a une stratégie de merde, une sur-embauche pendant la hype, et une gestion financière digne d’un joueur de casino. Prends n’importe quelle boîte qui a viré 30% de son staff en citant l’IA comme excuse : creuse un peu, et tu trouves des recrutements massifs en 2023 basés sur des projections de croissance délirantes, suivis d’un crash quand la réalité a rattrapé les PowerPoints.
Et le meilleur dans tout ça, c’est le double discours. D’un côté, ils pleurent sur les pauvres employés sacrifiés sur l’autel de l’automatisation. De l’autre, ils courent chez les investisseurs avec la même histoire pour justifier une nouvelle levée de fonds. « Regardez, on est tellement disruptifs qu’on supprime nos propres coûts ! Donnez-nous du cash pour qu’on puisse supprimer encore plus de coûts ! » La logique est circulaire, mais apparemment, ça marche.
Sur Hacker News, l’article de la BBC a fait un flop monumental : 9 points, zéro commentaire. Personne n’a envie de débattre d’une évidence. Tout le monde sait que c’est du bullshit, mais personne n’ose le dire trop fort, de peur de passer pour un luddite. Pendant ce temps, les actionnaires applaudissent, les médias reprennent la narrative sans creuser, et les employés se retrouvent sur le carreau avec un joli mail généré par ChatGPT pour leur annoncer leur départ.
La prochaine étape, c’est de t’attendre à voir des CEO demander des subventions publiques pour « former les travailleurs déplacés par l’IA », tout en continuant à optimiser leurs impôts grâce à des montages offshore. L’hypocrisie, c’est un art qu’ils maîtrisent mieux que le prompt engineering.
Alors la prochaine fois que tu verras un patron pleurer sur LinkedIn à propos des « douloureuses transformations nécessaires », souviens-toi : c’est pas l’IA qui a merdé, c’est lui. Mais bon, blâmer un algorithme, c’est moins risqué qu’assumer ses propres conneries.
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