Google a un nouveau plan pour ton couple. Non, pas la thérapie. Un agent IA.
CC, c’est son petit nom, vient d’être recadré sur un job précis : coordonner ton foyer. Pas tes journées à toi, tes journées à vous. Jusqu’à six adultes dans un seul compte partagé, mails, calendriers et tâches compris, pour que la machine se charge de remplir les formulaires, de dresser les listes de courses, de planifier les repas et de tenir les agendas. Bref, Google veut devenir le chef de famille.
Sur le papier, ça répond à un vrai truc. La charge mentale, celle qui fait qu’une personne sur deux dans le couple (c’est pas l’autre) doit se souvenir que le rendez-vous chez l’orthodontiste est mardi, que le formulaire de la colo doit être signé et qu’il n’y a plus de papier toilette. C’est un vrai boulot, mal payé, jamais reconnu, et qui use plus vite qu’un forfait data en itinérance.
Sauf que pour accomplir la mission, l’agent IA doit lire les mails. Tous les mails. De six adultes. Dans un seul compte.
Tu vois où je veux en venir. Google, la boîte qui a bâti un empire en lisant ton courrier pour te vendre des chaussures, te propose maintenant d’héberger le fil complet de ta vie domestique. Les convocations scolaires, les factures, les messages du notaire, les embrouilles d’héritage, le mail de ta belle-mère qui n’aurait jamais dû atteindre ce niveau de confidentialité. Tout ça, dans le même panier que la liste des courses.
Et c’est là que le « un compte pour six » devient un casse-tête, pas juste un défi technique. Il se passe quoi quand le couple se sépare et que l’agent garde copie de tout ? Qui récupère les données quand les enfants passent la majorité ? Comment tu expliques à ton beau-père que ses relevés de santé cohabitent désormais avec le planning des repas de la semaine ? Le foyer, en vrai, c’est la seule institution où les gens s’engueulent encore pour savoir qui a le mot de passe du compte commun. Là, c’est Google qui l’aura.
Faut aussi causer du palmarès. Google n’a jamais brillé sur les produits famille. Family Link a passé des années en purgatoire, Google One a rangé les proches dans un abonnement, Assistant répondait à ta mère avec la voix d’un GPS fatigué. La boîte excelle à lancer un truc à moitié, puis à éteindre la lumière discrètement quand plus personne ne regarde. On parie combien que CC finit dans le même cimetière que les dix autres assistants que tu as déjà oubliés ?
Le nom, tiens, mérite un mot. CC. En français, c’est « coucou » ou « copie carbone ». L’agent qui te fait coucou et qui, effectivement, copie tout le monde. Le marketing s’est déjà mis tout seul dans la blague.
Je dis pas que c’est débile. La planification des repas, les formulaires administratifs, les listes qui se refont toutes seules, c’est chiant comme la pluie, et si une machine peut s’en occuper sans qu’un humain doive y penser, tant mieux pour les nerfs de tout le monde. Le problème n’est pas l’idée. Le problème, c’est la facture. Tu paies pas en euros, tu paies avec les données de six personnes qui n’ont pas toutes signé le bon formulaire de consentement.
Ta famille n’a pas besoin d’un chef de projet. Elle a besoin de savoir qui a réellement le mot de passe. Et là, la réponse fait moins rêver : c’est la même boîte qui te vend déjà les couches, les vacances et le forfait mobile.
Sources :
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