Nvidia crache au bassinet, l’IA continue à se gaver

Pendant qu’Elon Musk tweete des memes à 3h du mat’, que Sam Altman agite le spectre de l’apocalypse pour justifier ses 12 milliards de pertes trimestrielles, et que Dario Amodei publie des essais de 20 000 mots sur la sécurité tout en piratant des bibliothèques, il y a un acteur dans cette histoire qui, lui, ne se prend pas la tête : Nvidia.

Leur dernier rapport trimestriel, sorti hier, c’est du lourd. Pas du bullshit marketing, pas des promesses en l’air, pas des benchmarks bidons. Du cash. 215 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, dont 62,3 milliards rien que pour le dernier trimestre dans les data centers. Une croissance de 75% en un an sur ce segment. Et un bénéfice net annuel à 120 milliards. Oui, avec un B. Pendant ce temps, OpenAI perd 12 milliards par trimestre et Anthropic lève 10 milliards à 350 milliards de valorisation sans rien prouver. Le contraste est savoureux.

Jensen Huang, le patron de Nvidia, a cité une « adoption en flèche des agents IA » comme moteur. Traduction : tout le monde se rue sur le hardware parce que les software sont encore des usines à gaz qui plantent une fois sur trois. Les promesses d’IA « révolutionnaire » se heurtent à une réalité simple : sans puces, tu fais rien. Et Nvidia, c’est le dealer exclusif.

Leur secret ? Ils vendent les pelles pendant la ruée vers l’or. OpenAI, Google, Meta, Anthropic, tous ces gourous qui te parlent de changer le monde, ils dépendent tous des mêmes GPU. Nvidia n’a pas à se soucier de savoir si l’IA va tuer l’humanité ou créer un paradis numérique. Ils s’en foutent. Leur business, c’est de fournir la came, pas de philosopher sur ses effets. Et ça marche. Même les craintes d’une « bulle IA » n’ont pas entamé leur croissance : ils battent les prévisions de Wall Street trimestre après trimestre depuis des années.

C’est là que le bât blesse pour les autres. Pendant que Nvidia empoche les bénéfices concrets de l’infrastructure, les boîtes d’IA pure player brûlent du cash à un rythme effarant pour des résultats souvent décevants. Gemini qui hallucine, Grok qui génère de la pédopornographie, les agents qui te réservent un vol pour Brest au lieu de Boston… Mais les data centers, eux, tournent à plein régime. Et Nvidia en est le cœur.

Alors, bulle ou pas bulle ? Pour Nvidia, manifestement, la question ne se pose pas. Ils sont immunisés. Leur modèle est simple : tant que l’industrie croit en l’IA (ou fait semblant), elle achète des puces. Et vu les investissements colossaux en infrastructure, ça risque pas de s’arrêter demain. Les autres peuvent bien se chamailler sur l’alignement, la sécurité ou l’open source, Nvidia, lui, compte les billets.

La leçon est cruelle mais claire : dans la course à l’IA, les vrais gagnants ne sont pas ceux qui font les plus belles promesses, mais ceux qui vendent les outils. Et pour l’instant, Nvidia est seul au monopole. Les autres jouent aux apprentis sorciers avec l’argent des VC, pendant que le sorcier en chef se gave sur les royalties.

La prochaine étape, c’est que Huang a déjà annoncé des prévisions à 78 milliards pour le prochain trimestre. Si ça continue, Nvidia va finir par racheter OpenAI pour s’amuser. Et honnêtement, ça ferait peut-être du bien à tout le monde.


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