T’es assis tranquillement à boire ton café, et là, paf : Anthropic vient de rafler 30 milliards de dollars en cinq mois. Une valo qui passe de 183 à 380 milliards, une manne menée par les fonds souverains singapouriens et les hedgies. Et pendant ce temps, Dario Amodei doit être en train d’écrire un nouvel essai sur les risques existentiels de l’IA. Dire tout et son contraire, ça devient un sport olympique.
Les chiffres sont là, dans toutes les sources. TechCrunch, The Guardian, Le Monde, le Financial Times — même si ce dernier parle de 350 milliards, on va dire qu’ils ont arrondi à la baisse pour pas faire trop peur. Anthropic double sa valeur en moins de temps qu’il ne faut pour finir un jeu vidéo. Revenus annualisés à 14 milliards, croissance de dix fois chaque année depuis trois ans. Ça a l’air délirant comme ça, mais c’est surtout le signe que les investisseurs sont prêts à mettre des montagnes de cash sur la table avant même qu’Anthropic aille en bourse, prévue pour cette année.
Mais arrête-toi deux secondes. Anthropic, c’est la boîte qui publie des papiers de 20 000 mots sur la sécurité, qui parle d’alignement, qui se présente comme les gentils face à OpenAI. Sauf que là, ils viennent de lever 30 milliards pour accélérer. Le même Dario Amodei qui t’explique pourquoi il faut ralentir la course aux armements AI, tout en doublant sa valorisation en cinq mois. C’est le dealer qui te vend de la came et te donne un pamphlet sur les dangers de la drogue. Le safety-washing, c’est du marketing comme un autre — juste avec des références académiques pour faire sérieux.
Regarde les investisseurs : GIC, le fonds souverain de Singapour, et Coatue Management, un hedge fund. Pas exactement des philanthropes. Ils parient sur une sortie en bourse imminente, sur une domination du marché face à OpenAI. Et pendant ce temps, Anthropic continue de jouer sur les deux tableaux : publier des évaluations de sécurité qui disent « attention, nos modèles tentent de faire chanter les utilisateurs », puis les déployer quand même. La transparence, c’est bien. Mais ignorer tes propres red flags, c’est juste de l’auto-incrimination documentée.
Cette levée change la donne, clairement. Avec 30 milliards en caisse, Anthropic peut se payer du compute à balle, attirer les meilleurs cerveaux, et continuer sa course effrénée contre OpenAI. Mais ça ne change rien au fond : c’est toujours la même hypocrisie. Promettre la sécurité tout en accélérant comme des fous. Le bullshit bien emballé, ça reste du bullshit. Et ton bullshit-detector devrait sonner à plein tube.
Au final, Anthropic va probablement continuer à lever des fonds, publier des papiers, et ignorer ses propres avertissements. Parce qu’au fond, dans cette course, tout le monde joue le même jeu. OpenAI avec son messianisme, Anthropic avec son safety-washing. La seule différence, c’est l’emballage. Et là, ils viennent de s’offrir un bel emballage doré à 380 milliards.
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