Jensen Huang en mode père la morale : « L’IA ne supprime pas d’emplois, arrêtez de raconter n’importe quoi »

Ah, Jensen Huang. Le gourou en cuir de Nvidia. Celui qui vend les pelles et les pioches de la ruée vers l’or de l’IA vient de sortir deux petites perles en une journée.

Première salve : « C’est paresseux de lier l’IA aux suppressions d’emplois ». Voilà, c’est dit. Le patron de la boîte qui a multiplié sa valorisation par dix en deux piges trouve que le débat est mal posé. Et il a peut-être raison, mais pas forcément comme il le pense. Parce que oui, c’est un narratif un peu short de balancer « l’IA tue le boulot » sans nuance. Mais c’est encore plus court de dire « les entreprises investissent dans l’IA pour augmenter la productivité » sans préciser que, dans la vraie vie, la productivité, ça se traduit souvent par « on a moins besoin de toi, dégage ». C’est pas l’IA qui licencie, c’est les actionnaires, d’accord. Mais l’IA, c’est l’excuse parfaite, le couteau suisse du DRH.

Deuxième salve : « Ce serait pas malin d’avoir deux écosystèmes IA séparés, les USA et la Chine peuvent coopérer ET rivaliser ». Là, Jensen se fait géopoliticien. Sur le fond, il a raison. Une guerre technologique à coups de restrictions d’exportation de puces, ça fait mal à tout le monde, et surtout à son chiffre d’affaires. Mais la réalité, c’est que les USA et la Chine sont déjà dans une dynamique de découplage, que les contrôles à l’exportation se resserrent, et que la Chine investit des milliards dans ses propres semi-conducteurs pour ne plus avoir à supplier Nvidia. Alors oui, l’appel au calme est louable, mais on dirait le gars qui allume un incendie et qui crie « feu ! ». Nvidia profite grassement des restrictions actuelles : ses GPU haut de gamme partent comme des petits pains aux USA et en Europe, alors que les versions bridées pour la Chine se vendent quand même bien. La quadrature du cercle, quoi.

Ce qui est cocasse, c’est que Huang fait ces déclarations alors que Nvidia croule sous les bénéfices et que ses clients (OpenAI, Anthropic, Google) brûlent des billions de tokens chaque jour. Il peut se permettre d’être magnanime. Mais si demain les ventes fléchissent, gageons qu’il ne trouvera plus l’emploi si « paresseux ».

En attendant, le message est clair : il faut arrêter de faire les fainéants en accusant l’IA de tous les maux, et siouplaît, il faut nous laisser vendre nos puces à tout le monde sans que les politiques viennent mettre leur grain de sel. Mais Jensen, mon pote, si l’IA ne détruit pas d’emplois, pourquoi est-ce que tes propres clients annoncent des plans sociaux en série ? La paresse narrative, elle commence peut-être dans l’autre sens, non ?


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