Tiens, encore des robots. Ça lève, ça promet, ça fait des communiqués de presse. Cette fois, c’est Octobotics en Inde qui ramasse 1,1 million de dollars, et Nauticus Robotics aux États-Unis qui dégaine un accord jusqu’à 50 millions pour s’étendre aux Émirats. Sur le papier, ça bouge. Dans la vraie vie, c’est surtout du vent bien emballé.
Commençons par Octobotics. 1,1 million de dollars, soit environ 10 crores de roupies. C’est du seed, donc l’équivalent d’un ticket de métro dans le monde des levées. Ils font de la robotique industrielle avec une touche d’IA pour les tests non destructifs (NDT). En gros, des robots qui inspectent des structures sans les casser. Sympa, mais révolutionnaire ? Allez, arrête. Navam Capital et BYT Capital ont mis la main à la poche. Les fonds serviront à « accélérer le développement produit » et « renforcer la validation sur le terrain ». Traduction : on a un prototype qui tient à peine debout, on va essayer de le vendre à quelques clients pour voir si ça marche. Rien de mal à ça, mais c’est pas non plus l’IA qui va sauver le monde. C’est du bricolage high-tech avec un budget de PME. Dans un secteur où les géants comme ABB ou Fanuc balancent des milliards, 1,1 million, c’est l’équivalent d’un café et d’un croissant.
Passons à Nauticus Robotics. Là, on monte d’un cran dans l’absurde. 50 millions de dollars potentiels avec Master Investment Group, basé aux Émirats. Leur truc ? Des robots sous-marins autonomes pour l’énergie offshore. Sur le NASDAQ sous le ticker KITT (oui, comme la voiture de Knight Rider, c’est mignon). Nauticus Robotics, là, on monte d’un cran dans l’absurde. Nauticus, c’est pas exactement une success story. Leur action traîne dans les bas-fonds, leur valorisation boursière est une blague, et ils enchaînent les annonces de partenariats qui n’aboutissent jamais. 50 millions, c’est un accord « jusqu’à », avec une première tranche de 3 millions. En clair : on te file 3 millions pour voir, et les 47 autres, on verra plus tard si t’as pas fait n’importe quoi. Master Investment Group, c’est pas exactement un nom qui inspire confiance — ça sent l’écran de fumée pour gonfler l’action. Et expansion aux Émirats ? Bien sûr, parce que quand ta boîte flanche, rien de mieux que d’aller jouer dans le désert où les régulateurs ferment les yeux. Leur technologie ? Des robots sous-marins autonomes. Potentiellement utile, oui, mais entre les promesses et la livraison, y’a un océan. Littéralement.
Alors, qu’est-ce qu’on retient de tout ça ? Deux modèles de bullshit startup. Octobotics, c’est petit et modeste, mais au moins honnête sur ses ambitions. Nauticus, lui, aligne les gros chiffres et les gros titres, mais sa réalité financière pue la merde. Dans les deux cas, l’IA est là pour faire joli sur le slide deck. « IA-enabled » pour Octobotics, « autonomous software solutions » pour Nauticus. Des mots qui font vendre, mais qui cachent souvent des modèles de machine learning basiques et des bugs à répétition.
Et le pire dans tout ça ? C’est que ces annonces vont faire le tour des médias tech, avec des titres du genre « La robotique IA lève des millions ! ». Personne ne va creuser pour voir que Nauticus est au bord du gouffre ou qu’Octobotics a un budget de cours de récré. On est dans l’ère du benchmarketing appliqué aux levées de fonds : tu annonces un gros chiffre, tu fais monter le buzz, et tu espères que les vrais investisseurs mordront à l’hameçon avant que la vérité n’éclate.
Quand tu verras un communiqué sur une startup robotique qui lève des millions, respire un coup. Demande-toi : c’est du seed de survie ou du deal toxique ? L’IA est-elle vraiment au cœur du produit, ou juste un sticker marketing ? Et surtout, est-ce que ces mecs ont autre chose qu’un PowerPoint et un rêve ? Parce que dans ce secteur, les empereurs nus sont légion, et les fonds d’investissement jouent souvent les tailleurs complices. À toi de ne pas te laisser berner par le mirage des millions.
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